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Moyen Orient et Monde - Révolte

Homs est « totalement dévastée », témoigne Amos

La responsable des opérations humanitaires de l’ONU a brièvement visité Baba Amr ; la répression continue en dépit des pressions diplomatiques.

La responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, était hier en Syrie pour négocier un accès « sans entraves » aux villes dévastées par les bombardements. Précédant de trois jours l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, Mme Amos, après avoir rencontré les autorités syriennes, a pu entrer brièvement dans le quartier de Baba Amr à Homs. La responsable, dont la visite dans le quartier a duré près d’une heure, a tenté de se rendre dans des parties de la ville tenues par l’opposition, mais « n’a pas été en mesure de le faire » pour des raisons de sécurité, a indiqué sa porte-parole, Amanda Pitt. Le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Moallem, que Mme Amos a rencontré à Damas, lui avait pourtant « confirmé qu’elle pourrait se rendre là où elle voudrait », a souligné Mme Pitt. Mme Amos et les personnes qui l’accompagnaient « ont entendu des coups de feu. Elle a dit que les parties (de la ville) qu’ils ont vues étaient totalement dévastées (et que) Homs ressemblait à une ville qui a été complètement fermée » à la population, a expliqué Mme Pitt, précisant que Mme Amos poursuivait ses prises de contacts pour essayer de « trouver un arrangement permettant un accès humanitaire de longue durée ».
Valérie Amos est entrée dans Baba Amr avec une équipe du Croissant-Rouge syrien, avait indiqué auparavant un porte-parole du CICR (Comité international de la Croix-Rouge). Selon le CICR, l’équipe du Croissant-Rouge syrien (CRS) a constaté que la plupart des habitants étaient partis « vers des régions où le CICR leur distribue des vivres et de l’aide ». En attendant, la situation humanitaire devient de plus en plus préoccupante, la nourriture et les médicaments se raréfiant. Plus de 25 000 réfugiés sont actuellement recensés par l’ONU dans les pays voisins de la Syrie, et les violences ont déplacé entre 100 000 et 200 000 personnes à l’intérieur du pays.

Moscou appelle à la fin des violences
Au niveau diplomatique, l’Égypte a mis en garde contre une possible guerre civile si des armes étaient fournies à l’opposition, qui les réclame. De son côté, la Russie, comme l’a fait la Chine la semaine dernière, a appelé Damas et les rebelles à mettre « immédiatement » fin aux violences et à faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire. L’ambassadeur russe à l’ONU a en outre accusé le gouvernement libyen d’abriter un camp d’entraînement pour les rebelles syriens. D’autre part, le président tunisien Moncef Marzouki a répété qu’il était prêt à accorder l’asile au président Bachar el-Assad, après le refus russe de l’accueillir, en vue « d’arrêter les massacres ». Vladimir Poutine avait en effet déclaré en matinée que la Russie ne se pose même pas la question d’un éventuel asile politique au président syrien. De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU discute d’un nouveau projet de résolution américain exigeant la fin de la répression, sans résultat concret pour le moment. Ces démarches interviennent alors qu’un émissaire chinois, Li Huaxin, est actuellement à Damas pour présenter des propositions de Pékin visant à résoudre la crise.
À Bagdad, le vice-ministre des Affaires étrangères, Labid Abawi, a annoncé que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, assistera au sommet arabe prévu le 29 mars dans la capitale irakienne. Cette réunion abordera en priorité la crise en Syrie. Parallèlement, M. Annan était hier au Caire pour préparer sa première visite à Damas, prévue samedi. Le Français Jean-Marie Guéhenno est pressenti pour seconder M. Annan dans sa mission, a-t-on appris de sources diplomatiques, sa nomination officielle dépendant du feu vert formel de la Ligue arabe. M. Annan a déjà un adjoint, l’ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Nasser al-Qidwa.
Par ailleurs, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine a approuvé un texte visant à sanctionner le régime syrien, notamment dans le secteur de l’énergie. Le texte, intitulé « Projet de loi liberté en Syrie », a été adopté à l’unanimité. Et à Londres, Toby Dodge, expert à l’Institut international d’études stratégiques, a estimé que les groupes armés de l’opposition sont trop dispersés pour renverser le régime syrien, fortement militarisé.

Au moins 75 morts
Sur le terrain, des tirs de roquettes ont été signalés dans divers quartiers de Homs par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La presse syrienne a, elle, fait état de la découverte de plusieurs corps d’étrangers à Baba Amr, dont un Européen accusé d’avoir aidé les rebelles. Entre-temps, la répression a fait de nouvelles victimes, à Homs même et dans sa province, dans les provinces d’Alep, d’Idleb et de Deraa. Au moins 19 personnes, dont 13 civils et 6 soldats dissidents, ont été tuées par l’armée syrienne, a rapporté l’OSDH. La chaîne satellitaire al-Arabiya, citant des militants, a rapporté un total de 75 morts. Selon un nouveau bilan établi par l’OSDH, les violences ont fait 8 458 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte il y a près d’un an. Et selon le Conseil national syrien (CNS), qui redoute une « réédition du massacre » de Baba Amr, « 42 chars et 131 véhicules de transport de troupes » se dirigaient hier vers Saraqeb, dans la province d’Idleb, et « des colonnes militaires se dirigeaient vers la ville d’Idleb ». Le CNS a appelé les « révolutionnaires » à Damas, Alep et Hama « à prendre toutes les initiatives nécessaires pour alléger la pression » sur Idleb. À Damas même, l’armée s’est déployée dans le quartier de Qaboune et a mené des raids, a indiqué l’OSDH, ajoutant qu’une force militaire a pris d’assaut la localité de Qara dans la province de Damas. De même à Yabroud, « des tirs ont été entendus alors que les accès à la ville » étaient bloqués, a rapporté un groupe sur Facebook baptisé « Chabaket Cham ».
Enfin, Pékin a commencé à rapatrier des ouvriers de Syrie, a annoncé le ministre chinois du Commerce, un signe que la Chine veut éviter de voir se reproduire le scénario libyen, où elle avait dû évacuer en catastrophe plusieurs dizaines de milliers de ses ressortissants pendant le soulèvement contre Mouammar Kadhafi.
(Sources : agences et rédaction)
La responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, était hier en Syrie pour négocier un accès « sans entraves » aux villes dévastées par les bombardements. Précédant de trois jours l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, Mme Amos, après avoir rencontré les autorités syriennes, a pu entrer brièvement dans le quartier de Baba Amr à Homs. La responsable, dont la visite dans le quartier a duré près d’une heure, a tenté de se rendre dans des parties de la ville tenues par l’opposition, mais « n’a pas été en mesure de le faire » pour des raisons de sécurité, a indiqué sa porte-parole, Amanda Pitt. Le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Moallem, que Mme Amos a rencontré à Damas, lui avait pourtant « confirmé qu’elle pourrait se rendre là où elle...
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