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Liban - Crise

La Syrie est réfractaire à toute réforme démocratique, estime l’opposition

Mohammad Hajjar fait l’historique des efforts tentés par Rafic Hariri pour convaincre Hafez el-Assad d’ouvrir son pays à la démocratie.
La guerre en Syrie continue de profondément diviser les Libanais, alors même que, sur le plan officiel, une politique de neutralité est tentée. Au nombre des réactions significatives à cette crise, figurait hier celle du député Mohammad Hajjar, député membre du bloc du courant du Futur, qui a fait l’historique des efforts tentés par Rafic Hariri pour convaincre le président Hafez el-Assad de s’ouvrir à la démocratie.
« Notre position à l’égard de la Syrie n’intervient pas comme une réaction à ce que nous et le monde entier voyons comme bain de sang et meurtres de civils dont le seul tort est de s’être soulevés pour leur liberté et leur dignité. Notre attitude trouve son origine dans celle du président martyr Rafic Hariri », a souligné sur ce plan M. Hajjar.
Rafic Hariri, s’est rappelé M. Hajjar, escomptait des éventuelles réformes non seulement l’avènement d’une démocratie en Syrie, mais aussi des retombées au niveau de la vie parlementaire et de la pratique démocratique au Liban, ainsi que des liens de respect mutuel qui se seraient ainsi établis avec la Syrie, loin des rapports tendus et hégémoniques qui avaient marqué la période de la guerre civile (1975-1990).
« Rafic Hariri y songeait avant même d’être chargé de former le gouvernement, en 1993, a précisé le parlementaire. C’est ainsi qu’au moment de la chute du mur de Berlin, fin 1988 début 1989, alors que l’Empire soviétique se fissurait et que chacune de ses républiques commençait à aspirer à faire sécession, Rafic Hariri avait tenté de convaincre Hafez el-Assad de la nécessité de réformer le système politique et économique en Syrie, et de s’ouvrir sur l’Europe et le monde. »

Le volet économique
« À l’époque, a enchaîné le député, Hafez el-Assad n’avait retenu de cet appel que sa partie économique, estimant que des réformes politiques sonneraient le glas de son régime. »
« Quand Rafic Hariri fut nommé Premier ministre, a précisé M. Hajjar, comprenant qu’il était vain d’insister sur une ouverture politique, il joua la carte des réformes économiques, estimant que cette modernisation se répercuterait nécessairement sur le plan politique. »
« Hélas, a-t-il conclu, avec l’élection du président Émile Lahoud en 1988, une autre dynamique s’installa. La Syrie affermit son emprise sur les institutions et le régime syrien essaya d’édifier au Liban un régime politico-sécuritaire semblable au sien.
« Rafic Hariri s’y opposa comme il peut, jusqu’au jour où, en 2005, il fut assassiné et que, sous la pression populaire et le matraquage américain, l’armée syrienne quitta le Liban. Ce revers fut un tournant dans l’histoire du régime syrien, qui jusqu’alors comptait sur les cartes libanaise et palestinienne pour continuer à s’imposer, sur l’échiquier international, comme une puissance indispensable. »
« Aujourd’hui, a souligné Mohammad Hajjar, le peuple syrien s’est soulevé contre un régime dont nous avons eu beaucoup à souffrir, au Liban, durant plus de trente ans. Nous applaudissons à un “printemps syrien” qui promet l’évolution de la Syrie vers la démocratie et qui assoira les relations libano-syriennes sur des bases saines et égalitaires. »
Et M. Hajjar d’affirmer que « le régime syrien est destiné à s’effondrer tôt ou tard, du fait qu’il ne possède aucune autre alternative que l’usage de la violence contre son propre peuple, ce qui est le signe d’une indiscutable faillite ».
Au passage, le député a critiqué la politique de neutralité du gouvernement, qui se veut « neutre à l’égard des massacres, de la violence et de la bestialité qui se manifestent en Syrie, alors qu’il continue d’offrir ses services politiques et diplomatiques au régime syrien ».

Oghassabian
À Paris où il se trouve en visite pour marquer l’anniversaire de l’attentat contre Rafic Hariri, le député Jean Oghassabian a reçu hier des délégations du courant du Futur présentes à Lyon, Bordeaux, Lille et Nice.
Le député a réaffirmé à cette occasion « la solidarité politique et morale du courant du Futur avec la révolution syrienne », estimant que les Libanais, « qui ont lutté et payé le prix de leur liberté et de la révolution du Cèdre, ne peuvent que se sentir proches du combat pour la liberté du peuple syrien ».

Prudence
Parallèlement à ces prises de position franches, des appels à la prudence sont lancés dans les milieux islamiques, qui mettent en garde contre la possibilité de heurts sectaires au sein de la communauté musulmane, du fait de la perpétuation de la violence en Syrie.
C’est ainsi que l’ancien président de la Chambre, Hussein Husseini et cheikh Ali Fadlallah se sont rencontrés hier et ont souligné de concert la nécessité de préserver le calme sur la scène politique.
Le numéro deux du mouvement Amal, le ministre de la Santé Ali Hassan Khalil, a insisté, de son côté, sur la nécessité d’empêcher toute action hostile contre la Syrie à partir du Liban.
Le député a déploré, à cet égard, les prises de position arabes en faveur de la révolution syrienne et appelant à son armement. Il en a souligné également la nature sectaire (sunnite), tout en insistant sur le fait que ces dissensions font le jeu d’Israël, en détournant les Arabes de leur principale cause, celle de la Palestine spoliée.
Pour le PSNS, d’ailleurs, ce qui se passe en Syrie est un complot visant à lui faire payer sa politique de résistance à Israël. Ce parti a en outre organisé une manifestation pro-Assad à Caracas (Venezuela), où quelques centaines de personnes se sont regroupées devant le siège de l’ambassade syrienne et ont été haranguées par l’ambassadeur syrien, Ghassan Abbas.
La guerre en Syrie continue de profondément diviser les Libanais, alors même que, sur le plan officiel, une politique de neutralité est tentée. Au nombre des réactions significatives à cette crise, figurait hier celle du député Mohammad Hajjar, député membre du bloc du courant du Futur, qui a fait l’historique des efforts tentés par Rafic Hariri pour convaincre le président Hafez el-Assad de s’ouvrir à la démocratie. « Notre position à l’égard de la Syrie n’intervient pas comme une réaction à ce que nous et le monde entier voyons comme bain de sang et meurtres de civils dont le seul tort est de s’être soulevés pour leur liberté et leur dignité. Notre attitude trouve son origine dans celle du président martyr Rafic Hariri », a souligné sur ce plan M. Hajjar.Rafic Hariri, s’est rappelé M. Hajjar,...
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