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Moyen Orient et Monde - Analyse

L’Arabie saoudite avance ses pions en Irak

Les efforts entrepris récemment par l’Arabie saoudite pour se réconcilier avec l’Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien, selon des analystes. Riyad espère ainsi contrer l’influence exercée par son rival, l’Iran, sur l’Irak. Bagdad et Riyad, en froid depuis l’invasion par l’Irak du Koweït en 1990, ont annoncé coup sur coup ces derniers jours plusieurs mesures de rapprochement. Ce réchauffement intervient peu avant la tenue d’un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, où le dossier syrien figurera en première ligne.
L’Irak est pris entre les pays du Golfe qui appellent au départ du président syrien Bachar el-Assad et l’Iran, fervent soutien du régime de Damas. « Les Saoudiens veulent que l’Irak soit plus avec les pays du Golfe », estime Mahmoud Othman, un député kurde indépendant. « Ils veulent être avenants avec l’Irak pour l’attirer vers leur position, contre l’Iran et la Syrie », dit-il. Selon M. Othman, le Moyen-Orient se partage actuellement en deux camps : les pays arabes sunnites et la Turquie d’un côté, l’Iran et les chiites de l’autre. « L’Irak va se trouver dans une situation difficile », prévient-il, rappelant que le pays, majoritairement chiite et dirigé par cette communauté, comporte une importante minorité sunnite qui a perdu le pouvoir avec la chute de Saddam Hussein en 2003.
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a longtemps entretenu des relations houleuses avec Riyad, qui aurait soutenu son rival Iyad Allaoui lors des législatives de 2010. Mais l’Arabie saoudite a annoncé en février la prochaine nomination d’un ambassadeur non résident, le premier à ce poste depuis 1990. Et les deux pays viennent d’annoncer une relance de leur coopération sécuritaire. Malgré cela, Riyad aura fort à faire pour concurrencer l’Iran, très influent en Irak, dont il est un important partenaire commercial et qui a accueilli des opposants à Saddam Hussein.
« L’Arabie saoudite devra faire des pas de géant pour rattraper l’Iran en Irak », juge Reidar Visser, auteur du site www.historaie.org consacré à l’Irak. Bagdad va « se servir de ce réchauffement autant que possible et pourrait même l’utiliser pour marquer un peu de distance avec l’Iran. Mais l’Arabie ne détiendra jamais les clés du pouvoir comme l’Iran en Irak », note-t-il. « L’influence iranienne en Irak est bien implantée. Elle est assez forte et existe depuis que l’opposition s’y est exilée » sous Saddam Hussein, renchérit M. Othman. « L’Arabie saoudite pourrait avoir de bonnes relations avec les sunnites d’Irak mais pas davantage. Ils ne peuvent pas contrebalancer l’influence iranienne dans l’Irak d’aujourd’hui. Les Iraniens ont le dessus », estime-t-il.
Pour le commentateur politique Tariq al-Maamouri, la volonté de rapprochement saoudienne témoigne d’une reconnaissance tardive du fait que « l’Irak a commencé à se remettre en selle ». « L’Irak va jouer un rôle dans le monde arabe et la région, et, internationalement, les Saoudiens ne peuvent plus passer outre », souligne-t-il. Mais d’autres sources sont plus circonspectes. « Personnellement, je ne pense pas que ce soit un genre de rapprochement définitif », estime un diplomate occidental, interrogé sur l’arrivée annoncée d’un ambassadeur. « Je pense qu’il y a encore une énorme, énorme quantité de méfiance et de soupçons mutuels. Je pense que c’est une étape positive, mais que c’est tactique, pas stratégique. » Selon lui, il s’agirait plutôt pour Riyad de présenter « une position cohérente pour le sommet arabe, où l’ambassadeur pourra être dépêché ».
(© AFP)
Les efforts entrepris récemment par l’Arabie saoudite pour se réconcilier avec l’Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien, selon des analystes. Riyad espère ainsi contrer l’influence exercée par son rival, l’Iran, sur l’Irak. Bagdad et Riyad, en froid depuis l’invasion par l’Irak du Koweït en 1990, ont annoncé coup sur coup ces derniers jours plusieurs mesures de rapprochement. Ce réchauffement intervient peu avant la tenue d’un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, où le dossier syrien figurera en première ligne.L’Irak est pris entre les pays du Golfe qui appellent au départ du président syrien Bachar el-Assad et l’Iran, fervent soutien du régime de Damas. « Les Saoudiens veulent que l’Irak soit plus avec les pays du Golfe », estime Mahmoud Othman, un député kurde...
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