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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Française

Sarkozy veut diaboliser le PS ; les sondages ne suivent pas

Le locataire de l’Élysée veut utiliser les incidents de Bayonne, Hollande refuse « les surenchères »...
Au lendemain des incidents de Bayonne où Nicolas Sarkozy avait été violemment chahuté par des manifestants, le président-candidat français a essayé d’exploiter ces évènements dans l’espoir de susciter la sympathie d’une opinion publique qui continue de lui préférer, malgré son entrée en campagne, son concurrent socialiste François Hollande.
Mais cette stratégie de « diabolisation » du PS, accusé d’avoir organisé les manifestations qui ont obligé la police à protéger le président avant-hier au Pays basque, risque selon les politologues de faire long feu, d’autant que François Hollande refuse d’entrer dans le jeu. Car prié de réagir à la demande de condamnation de Nicolas Sarkozy, il a répondu : « Je ne participe pas à cette surenchère verbale, à ces excès. Les Français attendent une campagne digne, le candidat sortant qui sort déjà d’un quinquennat de l’excès ne devrait pas faire une campagne de l’excès. »
D’autant que pour l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, lui aussi candidat à la présidentielle, les incidents de Bayonne montrent surtout l’impopularité de Nicolas Sarkozy. « Aujourd’hui nous avons un président de la République qui ne peut pas sortir dans la rue, ni à Bayonne ni ailleurs », a-t-il déclaré sur RMC et BFM-TV.
Il faut dire que Nicolas Sarkozy ne remonte toujours pas dans les sondages. Au contraire : il recule d’un point dans les intentions de vote, à 25,5 points, tandis que le candidat socialiste François Hollande progresse d’un point à 29 %, selon le dernier sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match publié jeudi. Plus encore, près de deux tiers des Français (61 %) sont favorables à la création d’une tranche d’imposition à 75 % pour les revenus annuels dépassant un million d’euros proposée par Hollande, selon un sondage TNS Sofres et Mediaprism pour i-télé diffusé hier.

Non à un poste européen
En attendant, Nicolas Sarkozy n’envisage aucunement de briguer la présidence de la Commission européenne ou du Conseil européen au cas où il ne rempilait pas à l’Élysée.
Prié de dire lors d’un point presse s’il serait éventuellement intéressé par le poste du président de la Commission européenne José Manuel Barroso ou par celui du président du Conseil Herman Van Rompuy, il a répondu catégoriquement : « Du fond du cœur, non, en aucun cas, d’aucune façon, ni maintenant ni plus tard ! La seule façon que vous ayez pour continuer à m’entendre, c’est de me réélire. » Assurant avoir « beaucoup de respect » et de considération pour ces fonctions, il ne pense toutefois pas avoir les « qualités » pour être un « excellent président » de la Commission ou du Conseil. Il a en revanche ironisé sur le fait que d’autres responsables français pourraient être « déçus » lors de la présidentielle et tentés d’« exercer leurs qualités » dans ces instances européennes...
Et selon certains, sauf situation d’urgence, Nicolas Sarkozy a sans doute vécu jeudi et hier sa dernière réunion au sommet des Vingt-Sept avant l’élection présidentielle française des 22 avril et 6 mai et a donc livré à cette occasion une sorte de testament européen. Le président français, qui a joué avec la chancelière allemande Angela Merkel un rôle moteur dans la gestion des tourmentes financières qui ont ébranlé l’Europe depuis 2008, s’est par exemple réjoui de ce que ce soit le premier sommet, depuis août 2011, qui ne soit pas qualifié « de crise ». De même, il a réaffirmé que, s’il était réélu, il n’entendait pas faire ratifier par référendum le traité sur un nouveau pacte budgétaire que les pays de l’UE, à l’exception de la Grande-Bretagne et de la République tchèque, ont signé hier. Ce texte « relève à l’évidence de la compétence du Parlement et donc je le soumettrai au vote du Parlement », a-t-il dit, répétant ainsi qu’il ne suivrait pas l’exemple de l’Irlande. Une fois « les exaltations de la campagne » passées, « chacun reviendra à une plus juste appréciation des enjeux, je l’espère en tout cas », a ajouté le chef de l’État, pour qui il n’y aura pas de renégociation du traité, quoi qu’il arrive.
Et bien qu’il ait été à Bruxelles avec sa casquette de chef de l’État, le candidat en campagne n’était pas loin. « Si les Français me confient un second mandat, je l’exercerai avec la même passion et le même engagement », a-t-il dit, avant de saluer un peu plus tard les journalistes d’un sonore « à la prochaine fois ! » à la fin de sa conférence de presse.

Marine Le Pen
Sur un autre plan, la présidente du Front national Marine Le Pen a de nouveau lancé hier un appel aux maires de France pour qu’ils lui apportent les 48 parrainages nécessaires à sa candidature à la présidentielle, dont elle assure toujours ne pas disposer à deux semaines de la date-limite : elle doit recueillir ces signatures d’ici au 16 mars pour pouvoir être présente au premier tour le 22 avril.
Cela fait plusieurs semaines que Marine Le Pen, dont le parti ne dispose que de très peu d’élus locaux, s’inquiète de ne pas pouvoir réunir ses parrainages auprès des 42 000 élus pouvant lui apporter sa signature. Selon elle, ses difficultés viennent d’abord du danger qu’elle représenterait pour les deux favoris de l’élection. « Je suis la seule à pouvoir accéder au second tour et à permettre aux Français d’avoir véritablement un choix, c’est-à-dire à écarter le non-choix que représentent les siamois François Hollande et Nicolas Sarkozy », a-t-elle argumenté.

(Source : agences)
Au lendemain des incidents de Bayonne où Nicolas Sarkozy avait été violemment chahuté par des manifestants, le président-candidat français a essayé d’exploiter ces évènements dans l’espoir de susciter la sympathie d’une opinion publique qui continue de lui préférer, malgré son entrée en campagne, son concurrent socialiste François Hollande.Mais cette stratégie de « diabolisation » du PS, accusé d’avoir organisé les manifestations qui ont obligé la police à protéger le président avant-hier au Pays basque, risque selon les politologues de faire long feu, d’autant que François Hollande refuse d’entrer dans le jeu. Car prié de réagir à la demande de condamnation de Nicolas Sarkozy, il a répondu : « Je ne participe pas à cette surenchère verbale, à ces excès. Les Français attendent une...
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