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Moyen Orient et Monde - Éclairage

La vie politique refleurit en Libye

Les partis poussent comme des champignons, profitant des lacunes de la législation en la matière.

Des partis créés par des personnalités politiques ou militaires éclosent par dizaines en Libye, où la vie politique refleurit bien que le pays ne soit pas encore doté de législation pour l’encadrer. Deux partis – un centriste et l’autre dirigé par le commandant d’une coalition de brigades de révolutionnaires (thowars) – ont été lancés à Tripoli pour la seule journée de lundi, et un troisième, réformiste, mardi. Pendant les décennies du règne de Mouammar Kadhafi, tout type d’organisation à but politique était banni en Libye et la création de formations politiques est une étape importante dans la maturation politique du pays.


Plus de 1 000 personnes ont assisté au lancement grandiose du Parti national centriste, mené par l’ancien ministre du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni, et dont le programme est axé sur l’éducation des citoyens et le développement économique du pays. « Nous sommes au milieu et nous nous opposons à toute radicalisation », a déclaré M. Tarhouni, ses partisans espérant que le parti contrebalancera ceux qui adoptent une interprétation plus stricte de l’islam. « Tous ces gens sont en train d’apprendre les règles du jeu politique », s’est-il réjoui, tout en reconnaissant que 90 % de la population est dans la confusion et peu impliquée dans ce processus. Il a prédit une courte durée de vie aux nombreux groupuscules politiques apparus récemment et exprimé l’espoir que la future loi électorale interdira le financement des partis par l’étranger.


L’un des premiers leaders militaires à se lancer dans la politique au plan national, Abdallah Nakir, chef d’une coalition de brigades de thowars basées à Tripoli, a lancé le Parti du sommet lors d’une cérémonie plus modeste lundi. La plupart des nouveaux partis recrutent leurs membres au sein de brigades organisées sur le plan régional, voire des clubs de sport locaux. Le Parti du sommet souhaite que l’islam soit la religion d’État et la source d’inspiration pour la législation – un programme partagé par les dizaines de partis formés ces derniers mois.


La loi libyenne ne prévoit pas de procédure pour officialiser la création d’un parti politique ni de critère définissant les conditions à remplir. Mais le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir décourage la création de partis s’appuyant sur les brigades révolutionnaires, qui ont combattu les forces de Kadhafi et n’ont pas déposé les armes depuis. « Aucun militaire ne peut créer de parti », a souligné le porte-parole du CNT, Mohammad Harizi, précisant que cette interdiction s’applique aux membres de l’armée régulière mais pas aux thowars, tels que M. Nakir, qui étaient des civils jusqu’en 2011. « Nous déconseillons les commandants rebelles de former des partis, bien qu’il soient aussi des civils. Nous leur conseillons soit de rejoindre l’armée, soit d’abandonner leurs armes et de retourner à la vie civile, et dans ce cas ils pourront créer des partis politiques », a ajouté M. Harizi.


Le CNT a annulé le mois dernier seulement une loi datant de 1972, qui pénalisait la formation de partis. Mais le manque d’autorité judiciaire indépendante susceptible de surveiller le processus politique soulève des inquiétudes. « Nous avons besoin d’une justice indépendante pour surveiller la création et l’activité des partis », estime Hadi Chalouf, présent au lancement du Parti du sommet, comme dans l’Allemagne d’après-guerre, lorsque les nazis se sont vu interdire la création de formations politiques.


Et certains craignent que la majorité des Libyens reste exclue du processus. « Nous ne sommes pas encore prêts pour des élections, car beaucoup de gens continuent à penser (comme sous l’ère Kadhafi) que les partis sont mauvais et qu’il vaut mieux voter pour des individus », estime un journaliste libyen. Les premières élections nationales en Libye depuis l’ère Kadhafi sont prévues en juin, pour élire une Assemblée constituante.

Des partis créés par des personnalités politiques ou militaires éclosent par dizaines en Libye, où la vie politique refleurit bien que le pays ne soit pas encore doté de législation pour l’encadrer. Deux partis – un centriste et l’autre dirigé par le commandant d’une coalition de brigades de révolutionnaires (thowars) – ont été lancés à Tripoli pour la seule journée de lundi, et un troisième, réformiste, mardi. Pendant les décennies du règne de Mouammar Kadhafi, tout type d’organisation à but politique était banni en Libye et la création de formations politiques est une étape importante dans la maturation politique du pays.
Plus de 1 000 personnes ont assisté au lancement grandiose du Parti national centriste, mené par l’ancien ministre du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni, et dont le programme...
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