Omar Izzat Ibrahim, un déserteur syrien kurde, a fui vers le Kurdistan irakien. Safin Hamed/AFP
Comme de nombreux Syriens kurdes, Omar Izzat Ibrahim a fui son pays en proie à une sanglante rébellion et s’est réfugié, coupé de sa famille, au Kurdistan irakien où il vivote dans le petit appartement de l’un de ses proches.
Ibrahim est un dissident de l’armée syrienne, tout comme les trente hommes également accueillis ces derniers jours dans cette région autonome au nord de l’Irak. Les autorités kurdes irakiennes se sont par ailleurs engagées à les protéger et à ne pas les remettre aux autorités de Damas, d’après le vice-ministre de la Défense de la région Anwar Haji Othman. « À présent, ils ont le statut de réfugiés dans la région du Kurdistan », a-t-il expliqué.
« Beaucoup de soldats veulent quitter l’armée et déserter », témoigne Ibrahim, jeune homme de 30 ans originaire d’une ville frontalière avec la Turquie. « Dès le début de la rébellion, nous avons subi une intense pression de la part de nos chefs. Ils nous insultaient sans cesse, surtout les soldats kurdes qui venaient de villes touchées par la contestation », souligne-t-il.
Ibrahim s’est donc fabriqué de faux papiers lui accordant six jours de permission et a été caché par des proches avant d’être secrètement exfiltré début février à Dohouk, au nord de l’Irak. Il vit depuis dans un appartement d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, avec quatre autres personnes, et un petit poste de télévision pour seule distraction.
Les Kurdes représentent environ 9 % de la population syrienne et vivent surtout dans le Nord-Est et à Damas où ils forment une importante minorité. Ils se disent en butte aux discriminations et réclament la reconnaissance de leur langue et leur culture. Mais ils ont toutefois largement échappé à la répression militaire qui s’est abattue sur plusieurs villes du pays en réponse à la contestation du régime du président Bachar el-Assad.
Les responsables kurdes d’Irak s’attendent néanmoins à l’arrivée de quelque 1 000 familles syriennes à Dohouk et s’apprêtent à mettre sur pied un camp dans la région pour les accueillir, selon Chaker Yassine, qui dirige le bureau en charge de l’immigration au ministère kurde de l’Intérieur. « Il arrive des gens fuyant la violence depuis le début de l’année au Kurdistan », indique M. Yassine, qui déclare ne pas pouvoir fournir de chiffres sur le nombre de Syriens arrivés depuis le début de la crise il y a onze mois, nombre de gens s’étant installés chez des proches.
« J’étais hors de Syrie, et quand je suis rentré à Damas, j’ai été arrêté à l’aéroport parce que je n’avais pas rejoint l’armée », explique Mohammad, un autre Syrien de 28 ans installé dans le même appartement qu’Ibrahim. « Dans la prison, j’ai vu beaucoup de jeunes hommes se faire torturer », ajoute Mohammad qui préfère taire son nom de famille par sécurité. Le jeune homme a ensuite été libéré grâce à l’intervention de sa famille auprès d’un juge et il a pu passer la frontière avec l’aide de contrebandiers.
« Beaucoup de soldats veulent quitter l’armée et déserter », témoigne Ibrahim, jeune homme de 30 ans originaire d’une ville...

