Rechercher
Rechercher

Culture - Débat

Hommage aux compositeurs libanais à Paris

À l’invitation du dynamique directeur de l’Institut culturel d’Égypte à Paris, le Dr Mahmoud Ismaï, et en marge de la parution de l’ouvrage de Zeina Saleh Kayali, « Compositeurs libanais, XXe et XXIe siècles », une table ronde a été organisée sur les compositeurs libanais qui sont nés ou qui ont vécu en Égypte.

Bahjat Rizk et Zeina Saleh Kayali lors du débat.

Le premier conférencier à prendre la parole est Bahjat Rizk, écrivain et essayiste, préfacier de l’ouvrage sur les compositeurs libanais. Il a mis en évidence la dimension collective des musiques savantes libanaises disséminées sur les cinq continents, étalées sur plus d’un siècle et qui témoignent de la double ouverture du Liban sur l’Orient et sur l’Occident, ainsi que de la double ouverture de l’Égypte qui a tant donné à l’Orient et à l’Occident. Bahjat Rizk fait ensuite une comparaison entre l’Égypte, qui a une tradition d’empire, et le Liban, une tradition de médiateur, établissant un parallélisme inédit et audacieux entre les hiéroglyphes égyptiens qui ont marqué l’entrée de l’humanité dans l’histoire et, vingt siècles plus tard, l’alphabet phonétique phénicien qui a fait entrer l’humanité dans sa première modernité. Puis, évoquant les compositeurs eux-mêmes, Bahjat Rizk précise qu’ils appartiennent à tous les Libanais, abstraction faite de leur appartenance communautaire ou politique, où qu’ils se trouvent dans le monde, nourrissant leur art aussi bien de leur culture d’accueil que de leur culture d’origine. Bahjat Rizk a conclu son exposé en rappelant que la culture libanaise est une culture en mouvement et que le processus de construction identitaire s’effectue à travers la négociation sans cesse actualisée d’une grille de paramètres constants tels que définis par Hérodote, le père de l’histoire, qui a décrit l’Égypte comme «le don du Nil».
La deuxième conférencière a été Zeina Saleh Kayali, auteur de l’ouvrage sur les compositeurs libanais. Après avoir rappelé le rôle culturel de l’Égypte et l’apport essentiel des intellectuels et artistes libanais, notamment à la Renaissance arabe du début du XXe siècle, elle a effectué un tour d’horizon des compositeurs libanais d’Égypte et de leur œuvre: tout d’abord, le père fondateur, Iskandar Chalfoun (1881-1934), qui, grâce à ses déplacements en Europe, importe l’écriture musicale en Égypte, la transmission de la musique ayant été jusqu’ici purement orale. Il est à l’origine d’une œuvre nombreuse et variée, dont l’auditoire présent a pu se faire une idée grâce à l’intervention magique du grand oudiste tunisien Nabil Ghannouchi qui interprétera un Bachraf (musique de cour) et un Hymne au Prophète, dans la grande tradition de la musique classique arabe.
Puis il a été question de Gabriel Saab (1923-2003), frère de l’écrivain Andrée Chédid, qui laisse de la très grande musique symphonique dans laquelle les commentateurs musicaux décèleront l’influence de Sibelius et de Tchaïkovski, ainsi que de Laure Daccache (1918-2005), compositrice, ce qui est un fait rare pour l’époque, et enfant très précoce : elle composera ses premières pièces à l’âge de 6 ans, ce qui fera dire à la presse égyptienne: «Le Moyen-Orient tient son petit Mozart.»
Deux compositeurs vivants sont ensuite évoqués: Georges Baz, né au Caire en 1926 et vivant au Liban. Il est considéré comme l’un des compositeurs libanais majeurs, ayant suivi les enseignements de Pablo Casals ou Alfred Cortot, assurant pendant plus de cinquante ans la critique musicale principale de la presse francophone libanaise. Il définit lui-même sa musique comme une «réminiscence entre Debussy et Satie». Le deuxième compositeur vivant dont il a été question est Mikhaïl Malt, né au Caire en 1957 et dont l’ambition, à l’instar du compositeur Iannis Xénakis, est de créer une musique nouvelle constituée de masses sonores construites grâce aux mathématiques, très loin donc de l’esthétique musicale orientale.
La troisième intervention a été en fait un témoignage vivant et très émouvant: celui de Georges Chalfoun, neveu d’Iskandar Chalfoun, né au Caire en 1927. Ce compositeur libanais d’Égypte, établi en France, égrènera avec humour et sincérité, devant un public enchanté, ses souvenirs de jeunesse du Caire.
Au sein de la grande famille des 132 compositeurs libanais de musique savante, il était important de montrer l’apport des compositeurs libanais d’Égypte qui ont puisé leur richesse artistique dans cette double culture. Encore une illustration du rayonnement de la culture libanaise et de son rôle majeur comme lien entre l’Orient et l’Occident.

Z.S.K.
Le premier conférencier à prendre la parole est Bahjat Rizk, écrivain et essayiste, préfacier de l’ouvrage sur les compositeurs libanais. Il a mis en évidence la dimension collective des musiques savantes libanaises disséminées sur les cinq continents, étalées sur plus d’un siècle et qui témoignent de la double ouverture du Liban sur l’Orient et sur l’Occident, ainsi que de la double ouverture de l’Égypte qui a tant donné à l’Orient et à l’Occident. Bahjat Rizk fait ensuite une comparaison entre l’Égypte, qui a une tradition d’empire, et le Liban, une tradition de médiateur, établissant un parallélisme inédit et audacieux entre les hiéroglyphes égyptiens qui ont marqué l’entrée de l’humanité dans l’histoire et, vingt siècles plus tard, l’alphabet phonétique phénicien qui a fait entrer...
commentaires (2)

Le drapeau égyptien, parce que la conférence s'est déroulée à l'invitation du centre culturel égyptien de Paris et dans ses locaux, et que le sujet portait sur les compositeurs libanais d'Egypte.

Zeina Saleh Kayali

07 h 20, le 29 février 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Le drapeau égyptien, parce que la conférence s'est déroulée à l'invitation du centre culturel égyptien de Paris et dans ses locaux, et que le sujet portait sur les compositeurs libanais d'Egypte.

    Zeina Saleh Kayali

    07 h 20, le 29 février 2012

  • libanais, pourquoi le drapeau égyptien sur la photo ?

    Talaat Dominique

    04 h 50, le 29 février 2012

Retour en haut