Le nouveau président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi reçoit de Ali Abdallah Saleh le drapeau national. Khaled Abdullah/Reuters
À 69 ans, M. Saleh devient ainsi le quatrième dirigeant à être emporté par le printemps arabe, mais à l’issue d’un processus de transition négocié qui ne l’empêche pas d’envisager un rôle politique dans l’avenir. « Je mets la bannière de la révolution, de la liberté, de la sécurité et de la stabilité entre des mains sûres », a déclaré M. Saleh en s’adressant à son successeur à la fin d’une cérémonie au palais présidentiel de Sanaa.
Le président sortant a été contesté dans la rue pendant des mois avant d’accepter, sous la pression des monarchies du Golfe, un plan de transition prévoyant son départ en échange d’une immunité pour lui-même et pour ses proches, dont plusieurs restent à des postes de responsabilité. Il demeure président de son parti, le Congrès populaire général (CPG). M. Hadi a été élu le 21 février par plus de 99 % des voix. Comme le prévoit l’accord de transition, il était le seul candidat et a été élu pour une période intérimaire de deux ans.
Dans son discours, le président sortant a évoqué les défis du Yémen. « J’appelle à une mobilisation nationale pour faire face au terrorisme incarné par el-Qaëda qui a porté récemment un coup dur au pays », a-t-il déclaré en référence à l’attentat-suicide qui a fait samedi 26 tués parmi les soldats de la garde républicaine à Moukalla, dans le sud-est du pays. M. Saleh a aussi invité les « pays frères et amis à aider le Yémen à faire redémarrer les projets arrêtés, ce qui aiderait à la sécurité et à la stabilité du pays », en soulignant qu’« il ne peut y avoir de sécurité et de stabilité sans développement global ».
De son côté, M. Hadi s’est félicité du caractère pacifique de la transition. « Je souhaite céder pacifiquement le pouvoir dans deux ans à un nouveau président », a-t-il notamment déclaré. Il a souligné la « complexité de la crise qui continue de frapper le Yémen et appelé à la coopération de tous pour en sortir dans les deux ans qui viennent ».
Peu de dignitaires étrangers ont assisté à la cérémonie outre Nabil el-Arabi, chef de la Ligue arabe, et Abdellatif Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, composé des six monarchies arabes du Golfe et qui a joué un rôle central dans l’élaboration de l’accord de transition. La cérémonie a été boycottée par l’ancienne opposition parlementaire qui fait partie du gouvernement d’entente nationale. Celle-ci a estimé dans un communiqué que M. Hadi, fort du vote de plus de 6 millions d’électeurs, aurait pu s’en passer.
(Source : AFP)


99%! Brrrr un chiffre qui donne froid dans le dos et de l'urticaire!
08 h 52, le 28 février 2012