Au sujet du gouvernement, sayyed Nasrallah a répété l’importance de son maintien en place, ajoutant toutefois que cela ne doit pas devenir un prétexte pour que ce gouvernement soit improductif. Il a aussi expliqué que la politique « de rester à l’écart » est un compromis qui a pour objectif de maintenir le gouvernement en fonctions.
Le secrétaire général du Hezbollah a invité ses auditeurs à chercher les doigts d’Israël et plus généralement des Juifs (je sais, a-t-il dit, que l’on va m’accuser d’antisémitisme), derrière tout ce qui se passe, notamment derrière les tentatives de semer le chaos dans la région. Selon lui, Israël ne veut pas d’un Irak fort, ce serait donc la raison des attaques actuelles, même si les exécutants sont parfois des extrémistes, car, selon les données des services irakiens, ces mouvements sont infiltrés par les services américains et israéliens.
C’est aussi dans cette optique que Nasrallah place les dernières menaces d’effacer le Liban de la carte du monde attribuées au Premier ministre israélien. Il a toutefois ajouté que de telles menaces n’effraient nullement la résistance qui a affronté Israël même lorsque celui-ci était considéré comme très puissant. Selon lui, la région traverse actuellement une période très sensible. Après la décennie 2000-2010, au cours de laquelle il s’agissait de liquider la cause palestinienne et de créer un Nouveau Moyen-Orient, c’est désormais la période où il s’agit de partager la région et de l’entraîner dans des conflits interminables. C’est pourquoi, a martelé sayyed Nasrallah, il faut tout faire pour encercler, étouffer et empêcher l’extension vers d’autres scènes de la discorde. Au Liban, cela signifie que tout le monde peut exprimer son opinion, sur la crise syrienne et sur tous les points qu’il souhaite évoquer, mais en évitant de faire de l’incitation confessionnelle et autres.
Sayyed Nasrallah est revenu sur les accusations portées contre le gouvernement d’être celui du Hezbollah, et lui-même d’être son guide, en rappelant que ce gouvernement a été combattu dès le premier jour. Or il est clair qu’il est formé de plusieurs composantes parfois en mésentente entre elles, et il a ajouté que le Hezbollah constitue la composante la plus modeste du gouvernement, même s’il déploie tous les efforts possibles pour le maintenir en place et assurer la coopération entre ses composantes.
Il a aussi pressé le gouvernement de se pencher sur le dossier des ressources pétrolières et gazières, « pour mettre un terme à l’endettement en utilisant la richesse que Dieu nous a donnée. Regardez un peu : pendant que certains discutent des armes du Hezbollah, les Israéliens construisent des installations et veulent les protéger des armes du Hezbollah. Ils pillent systématiquement les ressources qui appartiennent aux Palestiniens ». Selon Nasrallah, il ne faut surtout pas compter sur l’aide de la communauté internationale qui ne donne rien sans contrepartie, ajoutant que la décision souveraine ne peut être garantie si on est lié à l’étranger. Il a rappelé comment les États-Unis sont en train d’utiliser l’arme économique contre l’Égypte et indirectement contre Gaza privée d’électricité.
La Syrie, le Hezb et la place Tahrir
Évoquant les dernières accusations portées contre le Hezbollah et le Hamas qui, selon l’ancien ministre de l’Intérieur égyptien actuellement sous les verrous, auraient tiré contre les manifestants place Tahrir, Nasrallah les a qualifiées de ridicules. « Elles sont si énormes qu’elles n’ont même pas été reprises par certains ici... On a ensuite accusé le Hezbollah d’édifier des bases en Amérique latine, puis en Afrique et bientôt en Inde », a déclaré Nasrallah qui a demandé à ses partisans de ne pas se laisser influencer, leur rappelant que le Hezbollah n’intervient pas dans les affaires internes d’un pays, ne prenant en compte que les considérations stratégiques.
Dans ce contexte, il a insisté sur la volonté des États-Unis et leurs alliés de laisser la Syrie plonger dans le chaos, en poussant vers une lutte entre les Syriens ou entre les Arabes, sans vouloir envoyer un seul soldat américain ou de l’OTAN en Syrie, mais en interdisant toute solution politique. « Il faut donc écouter, comme ils disent, le peuple en Syrie, mais pourquoi pas à Bahreïn ou en Arabie saoudite, où il est interdit de s’exprimer, notamment à Katif et Awamiya, la région la plus riche en ressources du royaume, mais la plus pauvre économiquement... » Il a ajouté que le régime syrien a proposé le dialogue, mais que l’opposition a rejeté cette offre.
Selon Nasrallah, les Américains et les Israéliens ne parviendront pas à leurs fins, car il existe une prise de conscience dans le monde arabo-islamique de la réalité de leurs projets et les Américains ne parviendront pas, selon lui, à redorer leur image dans le monde arabo-musulman, tant qu’ils continueront à ne tenir compte que d’Israël...


On est dans la constance des analyses de ce que dit H.N, on analyse l'homme et on fait impasse sur ce qu'il dit. Son discours est comme d'habitude, clair précis et directionnel, israel est la cause de tous nos malheurs, avait il besoin de rappeler cette évidence, apparemment oui, au Liban on a les portugaises ensablés pour certains. Mais sans vouloir rappeler ses mises en garde qui sont plus que de mise, j'ai vu un homme tranquille, sûr de sa force, inébranlable et ma peur aujourd'hui serait que la Syrie de Bashar, en voie de se sortir de ce complot ne le fasse pas au détrimens d'un accord sur le dos de la résistance, en pays de cocagne tous les paramètres sont à prendre en compte.
07 h 56, le 26 février 2012