« La Turquie pourrait faire une percée importante en organisant une réunion à Istanbul avec l’opposition syrienne, les représentants de (Bachar) el-Assad, la Russie et l’Iran », déclare le leader de l’opposition, Kemal Kilicdaroglu, dans le journal Hürriyet Daily News. « Une intervention en Syrie pourrait bouleverser non seulement la Syrie mais aussi la Turquie et provoquer de graves troubles au Proche-Orient », prévient le leader du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), qui ajoute : « Les gens se demandent si les acteurs mondiaux sont réellement du côté des droits de l’homme. »
Avec la Syrie, le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan a été placé devant une équation difficile : il a fallu abandonner 10 ans d’étroite coopération politique et économique avec le régime de Damas pour prendre la défense des milliers de victimes de la répression. Dans un premier temps, la diplomatie turque s’est livrée à d’insistantes tractations avec le régime baassiste syrien, pour l’inciter à lancer des réformes. En vain. Et en septembre, la Turquie a fermé la porte. Elle a grandement facilité l’organisation d’une opposition syrienne, a accueilli des militaires dissidents sur son sol et s’est associée aux décisions et condamnations arabes. Une attitude qui s’explique, notamment, par les liens qui unissent Ankara et Washington. Les deux pays membres de l’OTAN sont « sur la même longueur d’onde sur la Syrie et réclament le départ du président (Bachar) el-Assad », a affirmé un diplomate américain en poste à Ankara, sous le couvert de l’anonymat.
Mais cette politique ne fait pas l’unanimité. « Les diatribes antirégime du gouvernement donnent l’impression que la Turquie est favorable à une intervention (armée) contre notre voisin. Le gouvernement se trouve dans l’impasse, avec cette attitude qui va au-delà de celle de certains Occidentaux », estime Faruk Logoglu, député du CHP. M. Erdogan exclut l’éventualité d’une intervention armée, mais il s’attaque régulièrement et avec virulence à celui qu’il qualifiait hier d’« ami ». « La Turquie a abattu toutes ses cartes en l’espace de quelques mois. Elle a agi dans la hâte, sans réfléchir », indique l’universitaire Gökhan Bacik. « Pour l’instant, le régime syrien n’est pas prêt de partir ou d’être renversé », affirme ce professeur de sciences politiques, qui regrette qu’Ankara n’ait pas conservé des « canaux de dialogue et de communication avec Damas ». « Désormais, la Turquie n’a plus les moyens de peser sur le régime syrien », ajoute-t-il.
La ligne dure adoptée par Ankara à l’égard de Damas a aussi provoqué des tensions avec les alliés du régime syrien, dont l’Iran et le gouvernement irakien. Comme l’Iran, l’Irak est gouverné par des chiites alors que la Turquie est largement sunnite. Et la Syrie est dirigée par la minorité alaouite, une branche du chiisme.
(Source : AFP)


Ne peut être une grande puissance qui veut. La Turquie au lieu de glorifier l'époque ottomane, devrait se pencher que pour les arabes, c'était la colonisation et des massacres.
04 h 31, le 24 février 2012