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Inde: l'Intérieur dément un appel à pénaliser les relations homosexuelles

Le ministère indien de l'Intérieur a démenti vouloir demander à la justice de pénaliser de nouveau les relations homosexuelles dans le pays, se démarquant de propos sur l'homosexualité tenus jeudi par un avocat affirmant représenter le gouvernement.


Un magistrat, P.P. Malhotra, qui s'est présenté comme un représentant du ministère de l'Intérieur, a demandé à la Cour suprême de revenir sur la décision d'un tribunal de dépénaliser les relations homosexuelles, les jugeant "contre nature, propagatrices du sida" et allant à l'encontre de "l'ordre social".


Dans un communiqué visant à clarifier la position du gouvernement, le ministère de l'Intérieur a déclaré qu'il n'"a pris aucune position sur l'homosexualité" et que le gouvernement n'allait pas faire appel de la décision dépénalisant les relations homosexuelles.


Une porte-parole du ministère de l'Intérieur, Ira Joshi, a affirmé à l'AFP qu'il semblait y avoir eu "un problème de communication", sans plus de précisions.


La plus haute juridiction du pays examine actuellement une dizaine de requêtes demandant la révision d'un jugement qui légalisait pour la première fois les relations homosexuelles entre adultes consentants.


La Haute cour de Delhi avait dépénalisé en 2009 les rapports sexuels entre adultes de même sexe dans un arrêt historique qui battait en brèche une législation du colonisateur britannique vieille de 150 ans et considérant l'homosexualité comme un crime. Cette décision de justice avait été autant saluée par certains milieux associatifs que dénoncée par des groupes religieux.


Mais M. Malhotra a affirmé jeudi, au nom du ministère de l'Intérieur, qu'il fallait pénaliser de nouveau les relations homosexuelles pour empêcher les abus sur mineurs et parce que la société indienne était majoritairement contre l'homosexualité, citant une enquête menée par la Commission législative. Les relations homosexuelles sont "hautement immorales et contre l'ordre social", a-t-il assuré.


L'article 377 du code pénal de 1860, qui criminalise les relations homosexuelles consenties, surtout la sodomie, constitue une "violation des droits fondamentaux" de la Constitution, avait tranché la Haute cour. Avant cette décision, la loi pénale qualifiait l'homosexualité de comportement "contre nature" puni d'une amende et de dix années d'emprisonnement.


Depuis cette dépénalisation, l'Inde a vu émerger un petit milieu homosexuel, qui s'est notamment illustré avec le lancement d'une "gay pride" tous les ans à New Delhi, bien que beaucoup moins audacieuse que dans les pays occidentaux.

L'"Association internationale de voyages gays" a récemment inscrit l'Inde comme une destination possible pour les touristes homosexuels.


Un sondage réalisé l'an dernier par la chaîne de télévision CNN-IBN révélait toutefois que 73% des personnes interrogées jugeaient que l'homosexualité devrait être illégale. Une grande partie de la société indienne considère l'homosexualité comme une maladie mentale ou un vice honteux. Aucune figure du milieu sportif, politique ou du cinéma ne s'est publiquement déclarée homosexuelle.


En juillet dernier, le ministre de la Santé, Ghulam Nabi Azad, avait déclenché un tollé après avoir dit que l'homosexualité était "anormale" et une "maladie venue de l'étranger". Il avait ensuite assuré que ses propos avaient été déformés.

Le ministère indien de l'Intérieur a démenti vouloir demander à la justice de pénaliser de nouveau les relations homosexuelles dans le pays, se démarquant de propos sur l'homosexualité tenus jeudi par un avocat affirmant représenter le gouvernement.
Un magistrat, P.P. Malhotra, qui s'est présenté comme un représentant du ministère de l'Intérieur, a demandé à la Cour suprême de revenir sur la décision d'un tribunal de dépénaliser les relations homosexuelles, les jugeant "contre nature, propagatrices du sida" et allant à l'encontre de "l'ordre social".
Dans un communiqué visant à clarifier la position du gouvernement, le ministère de l'Intérieur a déclaré qu'il n'"a pris aucune position sur l'homosexualité" et que le gouvernement n'allait pas faire appel de la décision dépénalisant les relations...