Si pendant 40 ans, la lutte antidopage consistait essentiellement à rechercher des traces d’une substance interdite dans les urines ou le sang d’un athlète, elle a pris une tournure nouvelle avec l’apparition du passeport biologique ces quatre dernières années.
Le passeport est un document électronique consignant tous les tests passés par un sportif, à partir desquels est établi un profil. En cas de variations anormales de son profil et notamment de certains paramètres sanguins, le sportif peut être accusé de dopage.
Le passeport biologique ne remplace pas les contrôles antidopage classiques. Il contribue plutôt à les renforcer, en permettant un meilleur ciblage.
La Fédération internationale de cyclisme (UCI) a joué les pionnières en se lançant la première dans l’aventure en janvier 2008, suivie par des sports d’hiver, comme le biathlon, le patinage et le ski.
Depuis que l’Agence mondiale antidopage (AMA) a établi un cadre réglementaire au passeport en décembre 2009, et surtout depuis que le Tribunal arbitral du sport (TAS) a reconnu sa validité juridique en 2009 et 2010, de plus en plus de fédérations ont suivi la FIS en l’adoptant, notamment le triathlon, l’athlétisme et la natation.
De leur côté, plusieurs agences nationales antidopage comptent aussi se doter de cet outil, mais elles doivent disposer des moyens juridiques pour le faire. Ainsi, deux amendements adoptés par le Sénat ouvrent la voie à l’instauration du passeport biologique en France, souhaitée par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).
« Le cadre juridique n’est pas totalement adopté, mais c’est une bonne chose que le Sénat ait introduit le passeport biologique dans le débat », a commenté le président de l’AFLD Bruno Genevois.
Il regrette cependant que son entrée en vigueur ait été retardée de plus d’un an, au 1er juillet 2013, à l’initiative du gouvernement qui voulait ainsi permettre une meilleure concertation avec le mouvement sportif.
« Si cette concertation est bénéfique et produit ses fruits, nous estimons en ce qui concerne l’agence qu’on pourrait légèrement avancer cette date en disant que les dispositions sur le passeport biologique entreront à une date fixée par décret et au plus tard le 1er juillet 2013, mais c’est au Parlement d’en décider », a souligné Bruno Genevois.


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