Le jugement doit également être rendu pour les autres coaccusés : l’ancien ministre de l’Intérieur Habib el-Adly et six de ses collaborateurs, eux aussi passibles de la peine capitale, et les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, accusés de corruption et qui risquent des peines de prison.
L’ancien chef de l’État, dont le procès s’est ouvert le 3 août dernier, est le premier dirigeant renversé par les soulèvements du printemps arabe à comparaître en personne devant les juges.
Cette dernière audience du procès a été marquée notamment par une plaidoirie fleuve d’une heure et demie de M. Adly, qui a mis les morts de manifestants durant le soulèvement sur le compte « d’étrangers » et d’une « conspiration » pour déstabiliser l’Égypte. L’ancien ministre, l’une des figures les plus décriées de l’ancien pouvoir, a pris la défense de l’action de la police durant ces événements, s’attirant des applaudissements de certains policiers en faction au fond de la salle.
Des dizaines de manifestants, partisans et adversaires de l’ancien président étaient présents à l’extérieur du tribunal, installé dans les locaux d’une école de police de la périphérie du Caire. Les deux camps lançaient des slogans hostiles ou favorables à M. Moubarak, et un homme brandissait une corde avec un nœud coulant pour réclamer sa pendaison.
Les procureurs ont indiqué à la cour qu’un service médicalisé était prêt à la prison de Tora, dans la banlieue sud du Caire, à accueillir l’ancien chef d’État, en détention préventive dans un hôpital militaire.
L’ouverture l’an dernier du procès de celui qui régna sans partage sur le pays pendant trois décennies, retransmise en direct à la télévision, avait été suivie avec passion par les Égyptiens. Le déroulement des audiences au fil des mois a toutefois été marqué par une grande confusion, de nombreuses polémiques et une interruption de trois mois à la fin de l’année dernière.
(Source : AFP)

