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Culture - Festival Al-Bustan

Le flamenco de Paco Peña bouscule toutes les frontières

En ouverture de la 19e édition du festival consacré cette année aux musiques hispano-latines, le « Flamenco Sin Fronteras » de la Paco Peña Dance Company a bousculé les frontières du genre offrant un spectacle métissé, riche en rythmes et sonorités issus du Nouveau Monde.

Aux sons des percussions vénézuéliennes, une danse flamenco métissée. (Photo Michel Sayegh)

Ce n’est pas sans raison que Paco Peña est considéré comme l’un des représentants de premier plan du flamenco dans le monde. Au-delà de son jeu virtuose, cet éminent guitariste a toujours été à la recherche des accents divers du flamenco : lyriques dans ses enregistrements et performances solos, religieux dans ses compositions de Messe et Requiem flamenco que les festivaliers du Bustan ont d’ailleurs eu l’occasion de découvrir dans les éditions précédentes. Et métissés, comme dans cette dernière production croisant les sonorités flamencas et afro-vénézuéliennes. Une pièce inspirée de l’histoire de ces Espagnols, plus précisément Andalous qui, au tournant du XXe siècle, émigrèrent en Amérique latine et dont la fusion entre leur folklore originaire et les rythmes afro-caribéens-latinos des terres où ils s’installèrent serait, dit-on, à l’origine de milongas, colombianas et autres « Cantes de Ida et vuelta » (chants d’aller et retour), aujourd’hui inscrits dans la tradition flamenca.
Intitulé à juste titre Flamenco Sin Fronteras (Flamenco sans frontières), ce spectacle commence par un affrontement de deux groupes, deux musiques, deux cultures qui se narguent et se provoquent pour s’achever en une fiesta unificatrice transcendant les frontières musicales et territoriales.
Appuyé par une scénographie de bandes rivales, les Espagnols en noir (un percussionniste, trois guitaristes dont Paco Peña, deux chanteurs, deux danseurs et une danseuse) et les Vénézuéliens en blanc (une danseuse et quatre musiciens) se font face dans ce qui semble être des performances défis. C’est la fougue et l’intensité dramatique du flamenco contre la suave et joyeuse liberté des rythmes vénézuéliens qui se joue-là. L’énergie ardente des percussions, grattements de guitares et claquements de talons, les frémissements intérieurs des danseurs hidalgos portés par les voix chaudes, éraillées et puissantes du duo de cantaores tiennent à carreau, dans un premier temps, les ondulations sensuelles de la bailaora et les résonances joyeusement suaves des musiciens latinos aux instruments exotiques (percussions, cuatro, bandola).
Dans ce duel opposant les rythmes vénézuéliens, aux sonorités ensoleillées, fruits d’une culture de fête et d’optimisme, et les résonances profondes, souterraines, jaillissant des entrailles du chant flamenco, ce dernier, à la charge émotionnelle puissante, prend l’avantage. Même si la légèreté des musiques américano-latines aux influences mêlées caribéenne, amérindienne et, bien sûr, hispanique – dans lesquelles se faufilent fugitivement des harmonies empruntées au jazz – est séduisante, elle donne le sentiment, à certains moments, de jouer les intruses dans le spectacle flamenco principal.
La rencontre des genres se fera néanmoins dans la deuxième partie du spectacle. Où, suite à quelques vibrants solos – de zapateados et de cajón, notamment, et après la performance très attendue par ses aficionados – du guitariste vedette qui a offert une virtuose réinterprétation du Libertango de Piazzolla, le dialogue des musiques se fera enfin sur le mode d’une explosion fougueuse de pas, de rythmes, de résonances et de voix. Et là, c’est une même énergie festive qui enveloppe la scène faisant s’entremêler les blancs et les noirs, les claquements de talons et les déhanchements chaloupés, les olé rocailleux et les sonorités ludiques des maracas... Dans une finale qui ne peut que rappeler – n’en déplaise aux puristes – que le flamenco est issu d’un long processus de métissage. Et qu’il ne peut poursuivre son chemin musical qu’en voyageant librement au-delà des frontières. Quitte à en bousculer certaines au passage !
Ce n’est pas sans raison que Paco Peña est considéré comme l’un des représentants de premier plan du flamenco dans le monde. Au-delà de son jeu virtuose, cet éminent guitariste a toujours été à la recherche des accents divers du flamenco : lyriques dans ses enregistrements et performances solos, religieux dans ses compositions de Messe et Requiem flamenco que les festivaliers du Bustan ont d’ailleurs eu l’occasion de découvrir dans les éditions précédentes. Et métissés, comme dans cette dernière production croisant les sonorités flamencas et afro-vénézuéliennes. Une pièce inspirée de l’histoire de ces Espagnols, plus précisément Andalous qui, au tournant du XXe siècle, émigrèrent en Amérique latine et dont la fusion entre leur folklore originaire et les rythmes afro-caribéens-latinos des terres où...
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