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Culture - Exposition

Blanc de neige avec Taline Kechichian

Dix-neuf toiles (acrylique) de Taline Kechichian magnifient la solitude de la montagne en hiver, à la galerie Aïda Cherfane, au centre-ville. Blanc immaculé pour des paysages où les maisons sont absentes et où, sous des pinèdes gelant de froid et des azurs aux bleus frissonnants, promeneurs et skieurs, tout au plaisir des joies de la neige, ont des traces qui crissent encore.

Un monde tout en blanc et aux réverbérations puissantes, avec des pointes de sapins verts et des coins d’ombre bleu-gris vous assaillent dès que s’ouvrent les portes en verre qui gardent cet univers glacé et glacial, aux pas et aux bruits étouffés. Sous les spots de la lumière, ici, ni givre, ni verglas, ni neige poudreuse, ni manteau d’hermine gelé ne fondent, ne coulent. Tout reste uniforme, compact et immuablement blanc comme un indestructible château de cristal.
Au contraire, les toiles de Taline Kechichian, chant élégiaque d’une terre fermement prise dans l’étau du général hiver, sont une franche et chaleureuse invitation pour un espace habité par le froid, le soleil et le silence. On a l’impression, en regardant ces toiles (toutes dimensions confondues), sans risque d’avalanche, que l’écho vous guette pour la moindre parole proférée...
« Plus blanc que neige » est le titre de l’exposition de l’artiste (à l’œuvre depuis 2004 et dont le parcours, de Vienne à Beyrouth, n’est pas passé inaperçu) pour cerner une inspiration qui a planté son décor aux alentours de Bickfaya, au cœur d’une saison vouée aux flocons de neige, au vent qui mugit, aux tornades et aux tempêtes. Mais contre tant de rigueur et d’intempéries, Taline Kechichian ne garde, pour son chevalet, que la vision des éclaircies, des échappées belles et des moments de détente.
Voilà un pinceau qui en pince pour des vallons et des flancs de montagne couverts de neige, pour des pins parasols qui lézardent au soleil, pour des cèdres solitaires aux branches déployées, pour des pistes brusquement tracées par d’intrépides skieurs de fond, pour des chiens qui flânent avec leur maître au gré d’improbables sillons, pour de laborieux travailleurs à la pelle pour dégager un bout de route, pour un ciel sans nuages, d’un bleu pervenche, troué par le sillage des avions crevant le mur du son, pour des étagements de terre qui ont disparu sous des draperies aux contours cotonneux mais tranchants comme de l’acier... L’éloquence a ici pour nom l’éloge de la neige. Éloge plein de ferveur où promenade, solitude et méditation font bon ménage pour une palette simple aux harmoniques sereines, éprise d’une image radieuse, à caractère de transparence, de fraîcheur et de clarté.

L’exposition de Taline Kechichian se déroulera à la galerie Aïda Cherfane au centre-ville jusqu’au 2 mars.
Un monde tout en blanc et aux réverbérations puissantes, avec des pointes de sapins verts et des coins d’ombre bleu-gris vous assaillent dès que s’ouvrent les portes en verre qui gardent cet univers glacé et glacial, aux pas et aux bruits étouffés. Sous les spots de la lumière, ici, ni givre, ni verglas, ni neige poudreuse, ni manteau d’hermine gelé ne fondent, ne coulent. Tout reste uniforme, compact et immuablement blanc comme un indestructible château de cristal.Au contraire, les toiles de Taline Kechichian, chant élégiaque d’une terre fermement prise dans l’étau du général hiver, sont une franche et chaleureuse invitation pour un espace habité par le froid, le soleil et le silence. On a l’impression, en regardant ces toiles (toutes dimensions confondues), sans risque d’avalanche, que l’écho vous guette...
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