La Dernière

Un film sur la Gay Pride fait un carton dans les Balkans

Cinéma Le succès de « Parada », présenté à la Berlinale cette semaine, est très encourageant dans une région particulièrement homophobe, selon le réalisateur.
OLJ
18/02/2012
Parada, film d’un réalisateur serbe et histoire burlesque sur un couple d’homosexuels, fait un carton dans les Balkans, où ce genre de manifestation est régulièrement critiqué. Ainsi, la première Gay Pride à Belgrade en 2001 avait été marquée de heurts violents. Il a fallu attendre 2010 pour organiser le second défilé, entouré d’un très important dispositif policier. Néanmoins, plus de 150 personnes avaient quand même été blessées dans les violences. Et en 2011, la parade a été interdite par la police pour des raisons sécuritaires.
Paradoxalement, le film du réalisateur Srdjan Dragojevic, qui a fait sa sortie internationale à la Berlinale cette semaine et présenté dans le cadre d’une section consacrée au film d’auteur, domine le box-office balkanique avec 500 000 entrées notamment en Serbie, mais aussi en Bosnie, en Croatie, en Slovénie et en Macédoine, explique le réalisateur. « Ces chiffres sont définitivement un signe positif dans cette région qui est probablement la plus homophobe en Europe », estime M. Dragojevic. Lorsqu’il a commencé à travailler sur le film, des groupes radicaux avaient appelé au boycott, et à plusieurs reprises, il a retrouvé sa voiture avec le pare-brise cassé. En outre, Dragojevic s’est attiré les foudres de la presse lorsqu’il avait organisé une projection pour des professeurs en leur demandant de conseiller à des lycéens d’aller le voir. Les médias l’ont aussitôt accusé de vouloir les « endoctriner » et le projet a été abandonné.
Parada raconte l’histoire d’un couple d’homosexuels, Mirko et Radmilo, qui se démènent pour organiser une Gay Pride à Belgrade. Ils embauchent un vétéran pour assurer la sécurité de la manifestation. Ce dernier fait appel à des ex-ennemis ayant combattu dans les guerres qui ont ravagé l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 : un Croate, un musulman de Bosnie et un Albanais du Kosovo. Le film bascule ensuite en une comédie burlesque s’appuyant sur des préjugés et des stéréotypes, dont un gay qui conduit une voiture rose et lève son petit doigt lorsqu’il boit son cognac.
Mais malgré un style provocateur, le film ne fuit pas la brutalité quotidienne et un des protagonistes est tué à la fin. « Une fin tragique dresse un portrait réel de la vie difficile des gays en Serbie », dit Lazar Pavlovic, un responsable d’une association gay locale (Alliance Gay Straight). « Pour moi et d’autres homosexuels, cela n’a pas été choquant, mais je suis sûr que ça incitera à la réflexion, en Serbie et dans la région », ajoute-t-il. Le réalisateur explique avoir fait le film pour éduquer le public, mais admet toutefois qu’il ne cherchait pas forcément à briser les tabous. « Le film énonce une vérité simple : les homosexuels sont comme tous les autres et les spectateurs comprennent ça », dit-il.
Le film a donc le mérite d’avoir ouvert un débat sur la question des droits des homosexuels au sein de la société serbe, se félicite Pavlovic. « Généralement, les gens ne savent presque rien sur la communauté homosexuelle, nos vies, les problèmes que nous avons », dit M. Pavlovic. « Ces derniers mois, on peut entendre les gens parler du film dans la rue, dans le bus ou dans des magasins », se réjouit-il.
Le long-métrage a tout de même inspiré des critiques favorables dans la presse locale. Le quotidien Blic a par exemple loué « son humour incontrôlé, son langage de rue haut en couleur et la mise à profit des stéréotypes ».
          (Source : AFP)

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