Entre-temps, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a affirmé que la confiance dans l’ONU a été « ébranlée » après le veto russo-chinois ayant empêché l’adoption, samedi dernier, d’une résolution condamnant la répression de la contestation en Syrie. « Nous traversons des temps inquiétants et malheureusement ce qui s’est passé aux Nations unies est absolument regrettable », a ajouté le roi Abdallah. Comme en réponse, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a demandé que le Conseil de sécurité porte les « crimes contre l’humanité » commis en Syrie devant la Cour pénale internationale. « Cela enverrait un message très, très fort », a estimé le Haut-Commissariat.
Mais s’obstinant à contrer toute initiative, Moscou a accusé hier l’Occident de se rendre complice de l’aggravation de la crise en Syrie et déclaré tenir l’opposition pour responsable de la poursuite de « l’effusion de sang ». Le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a en outre rejeté les critiques adressées à la Russie pour avoir utilisé son veto au Conseil de sécurité. Parallèlement, la Russie est sceptique quant à l’idée de créer un « groupe des amis de la Syrie » pour soutenir l’opposition, jugeant que de tels formats sont « illégitimes », a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch.
La Russie doit « reconnaître la réalité de la situation sur le terrain » en Syrie, a réagi Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne. Elle a en outre estimé que la communauté internationale doit parler d’une seule voix pour réclamer le départ du président Bachar el-Assad, jugeant décisifs « l’implication » des voisins et le « leadership » de la Ligue arabe. Selon des diplomates, l’UE va décréter fin février un embargo sur les exportations syriennes de phosphate, un gel des avoirs de la Banque centrale et une interdiction du commerce des diamants et métaux précieux dans le cadre d’un renforcement des sanctions contre Damas. La France, elle, attend les résultats de la réunion arabe demain au Caire et poursuit ses consultations en vue « d’aider le peuple syrien », a indiqué hier le ministère des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie, Alain Juppé, a dénoncé pour sa part le « massacre quotidien » en Syrie. Jeudi, le président américain Barack Obama avait dénoncé le « bain de sang atroce », à l’occasion d’une rencontre à la Maison-Blanche avec le Premier ministre italien Mario Monti. Les États-Unis et l’Italie ont déclaré soutenir les efforts de la Ligue arabe et « son intention d’envoyer une nouvelle mission d’observateurs ». L’option militaire n’a en revanche pas été sérieusement envisagée dans le dialogue entre Rome et Washington.
Pour leur part, les nouvelles autorités libyennes ont donné trois jours au chargé d’affaires et aux autres diplomates syriens en poste à Tripoli pour quitter le pays, a annoncé jeudi le ministère libyen des Affaires étrangères. Le Conseil national de transition libyen a reconnu en octobre l’opposition syrienne comme seule autorité légitime de Syrie.
(Source : agences)


Et je continue : votre argent ne suffirait point à vous protéger.
03 h 30, le 11 février 2012