Ali chez Karamé
Parallèlement, l’ancien Premier ministre Omar Karamé a reçu, dans sa résidence à Beyrouth, l’ambassadeur de Syrie Ali Abdel Karim Ali, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports, Fayçal Karamé. Prié d’évaluer l’opération entamée vendredi au Liban-Nord par l’armée libanaise, M. Ali s’est dit « optimiste » quant à la solidité du régime syrien, qui fait face, selon lui, à un complot dangereux ourdi par les Occidentaux. « La Syrie atteindra des résultats déterminants, rapides et positifs, d’autant que les réformes politiques du président Bachar el-Assad ont déjà abouti à des résultats concrets », a-t-il précisé, ajoutant que « la solidarité populaire est plus ferme que jamais contre ceux qui menacent la sécurité interne ». Dans ce cadre, M. Ali a salué « les efforts de nos frères au Liban, qui œuvrent, à travers le gouvernement, les appareils sécuritaires et l’armée, pour contrer tous les paris externes contre la sécurité en Syrie, et corollairement, contre la sécurité au Liban ».
Mansour et Hoss
Dans ce contexte, les parties proches du 8 Mars ont réitéré hier leur appui au régime de Damas et au veto sino-russe. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour a tenu l’opposition pour responsable du prolongement de la crise. « C’est la coopération de l’opposition syrienne qui déterminera la réussite et le mode d’exécution du plan proposé par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov », a-t-il déclaré. De son côté, l’ancien ministre Wi’am Wahhab a adressé une lettre à ce dernier, saluant le veto russe « qui a ému tous les Arabes honorables, non seulement parce qu’il a empêché l’anéantissement de la Syrie, mais parce qu’il a tenu tête au projet destructeur des États-Unis ».
Toutefois, c’est sur la dimension humaine de la crise syrienne que l’ancien Premier ministre Sélim Hoss a insisté. S’étonnant du fait que « les autorités syriennes continuent de recourir à la violence pour réprimer les mouvements populaires, alors que ces mesures ont prouvé leur inefficacité », M. Hoss a estimé qu’il « est temps de mettre définitivement un terme à l’effusion dramatique de sang ». En outre, M. Hoss a reçu hier l’ancien député Hassan Yaacoub, qui a critiqué « les tentatives de certains de s’ingérer dans les affaires syriennes », en prévenant du « chaos interne auquel risque de mener cette politique ». Dans ce cadre, le Congrès populaire libanais a émis un communiqué dénonçant « les attaques contre les deux armées syrienne et égyptienne, trahissant un projet sioniste-atlantiste que les foules nationalistes arabes doivent faire échouer ».
Sit-in antirégime
En revanche, le terrain libanais reflète le clivage qui se creuse entre partisans du régime de Damas et militants pour la cause de l’opposition. Ainsi, la Ligue des étudiants libanais et leurs camarades syriens ont organisé hier un sit-in de « solidarité avec le peuple syrien » sur le campus de la faculté des sciences de Kobbé (Tripoli). Les manifestants ont levé « les drapeaux de l’opposition syrienne », en répétant des slogans hostiles au régime et au veto sino-russe. Les allocutions prononcées ont appelé à « une intervention arabe et internationale en faveur du peuple syrien (...) et à une assistance pour les déplacés syriens et pour l’Armée syrienne libre ».

