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Moyen Orient et Monde - Contestation

L’opposition russe prépare de nouvelles actions après son grand rassemblement

Des participants à la marche pro-Poutine de samedi disent avoir été forcés de s’y rendre, tactique qui pourrait se retourner contre le pouvoir, selon les analystes.

L’opposition a déclaré vouloir continuer à manifester, encouragée par la participation au rassemblement de samedi.            Ivan Gushchin/Reuters

L’opposition russe, qui a réussi son pari de s’inscrire dans la durée après un nouveau grand rassemblement samedi à Moscou contre le Premier ministre et favori de la présidentielle Vladimir Poutine, préparait déjà hier de nouvelles actions à l’approche du scrutin du 4 mars.
« Nous sortirons encore », ont déclaré les organisateurs du défilé sur leur page Facebook. « Beaucoup plus de monde que nous le pensions est venu. On n’a pas du tout l’impression que le mouvement s’essouffle, comme le Kremlin l’espérait », s’est ainsi félicité Sergueï Parkhomenko, journaliste et l’un des organisateurs de la manifestation. Si les chaînes de télévision contrôlées par l’État ont montré samedi des images de la manifestation anti-Poutine, elles ont accordé beaucoup plus de place à la contre-manifestation organisée par des personnalités propouvoir au même moment dans la capitale. Hier matin, elles n’évoquaient même plus ces manifestations. L’un des organisateurs, l’ancien député Vladimir Ryjkov, a de son côté déclaré qu’une nouvelle action pourrait avoir lieu le 26 février, une semaine avant le scrutin. « Le grand rassemblement sera le 11 mars car (...) le nombre de fraudes lors de la présidentielle va être énorme », a-t-il ajouté.
Quelque 140 000 partisans de M. Poutine et 36 000 opposants se sont rassemblés à Moscou, défiant un froid glacial samedi, jour du début de la campagne de la présidentielle, selon la police. Vladimir Ryjkov, l’un des organisateurs de la marche de l’opposition, a, pour sa part, affirmé qu’« au moins 120 000 personnes » participaient à la manifestation anti-Poutine.
L’adversaire de Poutine au scrutin, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, a participé à la marche dans la capitale. Les opposants ont par ailleurs mobilisé leurs partisans dans une vingtaine de villes de province. À Saint-Pétersbourg, ils étaient près de 6 000 personnes, selon des témoins, 3 000 d’après la police. À Ekaterinbourg, environ 5 000 personnes ont manifesté, toujours selon des témoins, 8 000-10 000 selon les organisateurs. L’opposition a encore mobilisé 2 000 personnes à Tomsk et Krasnoïarsk, 700 à Krasnodar et 1 200 à Oufa, selon les branches régionales du mouvement de l’opposition Solidarnost. Des chiffres par contre invérifiables de manière indépendante. Mais selon plusieurs témoins, les estimations de la police concernant le rassemblement pro-Poutine semblaient exagérées et celles sur la manifestation de l’opposition sous-estimées. De nombreux témoignages sur l’Internet et d’autres recueillis sur place laissent de plus planer un doute sur la spontanéité des manifestants favorables au régime, des fonctionnaires ayant raconté avoir été forcés de s’y rendre sous peine de sanctions.
Maria Lipman, rédactrice en chef de la revue analytique Pro et Contra, relève dans ce contexte que l’opposition a marqué des points en mobilisant des dizaines de milliers de personnes deux mois après le début de la contestation, déclenchée par des législatives controversées début décembre. « Il est important de noter que malgré le froid, et bien que ce soit la troisième fois, le nombre de participants ne baisse pas (...) les convictions des gens se renforcent et le ton général de la manifestation est clairement anti-Poutine », note-t-elle. Même analyse pour Iouli Nisnevitch, professeur de sciences politiques à l’École supérieure d’économie, qui relève néanmoins qu’il faudra que l’opposition se renforce encore beaucoup si elle veut véritablement inquiéter Vladimir Poutine.
A contrario, le rassemblement pro-Poutine pourrait s’avérer être une erreur de calcul du pouvoir, car en forçant un grand nombre de fonctionnaires et d’employés du secteur public à s’y rendre, ils ont pu se les aliéner. « Tout cela a été fait dans le plus pur style soviétique, ça semble anachronique (...) d’un point de vue stratégique, les autorités ont fait preuve de myopie, car cela pourrait être un moyen de renforcer les sentiments anti-Poutine des gens qui ont été forcés à sortir dans le froid », relève Nikolaï Petrov, du centre Carnegie.
Vladimir Poutine s’est pour sa part dit satisfait de ce grand rassemblement, déclarant que si certains manifestants avaient été forcés à venir, il s’agissait de cas exceptionnels. Samedi soir, il a même indiqué être prêt à aider à payer les amendes que les organisateurs pourraient recevoir, étant donné qu’ils n’avaient obtenu l’autorisation que pour un rassemblement de 15 000 personnes.
(Source : AFP)
L’opposition russe, qui a réussi son pari de s’inscrire dans la durée après un nouveau grand rassemblement samedi à Moscou contre le Premier ministre et favori de la présidentielle Vladimir Poutine, préparait déjà hier de nouvelles actions à l’approche du scrutin du 4 mars.« Nous sortirons encore », ont déclaré les organisateurs du défilé sur leur page Facebook. « Beaucoup plus de monde que nous le pensions est venu. On n’a pas du tout l’impression que le mouvement s’essouffle, comme le Kremlin l’espérait », s’est ainsi félicité Sergueï Parkhomenko, journaliste et l’un des organisateurs de la manifestation. Si les chaînes de télévision contrôlées par l’État ont montré samedi des images de la manifestation anti-Poutine, elles ont accordé beaucoup plus de place à la contre-manifestation...
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