« Il s’agissait d’une simple évaluation de ce qui pourrait se passer dans le contexte de la politique définie par l’OTAN, qui consiste à transférer la direction des opérations de sécurité aux forces afghanes d’ici à 2014. C’est dans ce cadre, dans le respect de ce calendrier, que la transition se fera », a souligné le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. « Voilà ce à quoi le secrétaire (à la Défense) Panetta faisait référence », a-t-il ajouté. Quelques heures auparavant, un haut fonctionnaire du Pentagone avait également tenu à préciser la pensée de Leon Panetta. « Entre maintenant et la fin 2014, nous sommes prêts à nous engager dans des combats, qu’ils soient commandés par nos soins ou par les Afghans », avait-il assuré. « L’idée dont nous débattons avec nos alliés est de remettre la responsabilité des combats aux forces afghanes, mais l’ISAF continuera sans doute à mener des opérations de combat aux côtés de nos partenaires afghans », avait précisé ce responsable du Pentagone sous le couvert de l’anonymat.
En attendant, les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont érigé hier à Bruxelles l’année 2013 comme étant celle d’une nouvelle étape charnière pour la coalition internationale, à un moment où l’impatience gagne les opinions après plus de dix ans de guerre. Officiellement, « il n’y a rien de nouveau », a affirmé le secrétaire général de l’Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen. La feuille de route préparée au sommet de Lisbonne fin 2010 tient toujours et la mission de l’OTAN en Afghanistan se terminera fin 2014, selon lui.
Mais le changement sémantique permet à l’OTAN de soutenir qu’elle aura un moindre rôle dans les combats avant la fin de sa mission et ouvre la porte à de possibles réductions des effectifs sur le terrain.
« Nous nous attendons à ce que les dernières provinces soient transférées aux forces afghanes d’ici à la mi-2013. À partir de ce moment-là, elles seront en première ligne dans tout l’Afghanistan », a déclaré M. Rasmussen.
« Cela dépendra beaucoup de la situation », a souligné un responsable français. M. Sarkozy avait annoncé le 27 janvier le retrait de la totalité des forces combattantes françaises en 2013, soit un an plus tôt que prévu.
« Nous sommes arrivés ensemble, nous partirons ensemble. Il n’y a aucun doute là-dessus », a déclaré le ministre français, Gérard Longuet, qui était très attendu par ses pairs pour « clarifier » la position française et qui a assuré n’avoir « pas été critiqué » par ses pairs.
Mais la position française diffère de celle de l’OTAN : Paris pourra retirer ses troupes de combat d’ici à la fin 2013 selon lui car la situation en Kapisa, sous responsabilité française, « se stabilise ».
Sur les 1 200 hommes déployés à Kaboul pour des activités d’encadrement, de formation, de logistique et de soutien, les effectifs « diminueront progressivement » et seuls devraient rester « 400 à 500 formateurs en école » après la fin 2014, a-t-il ajouté.

