L’Arabie saoudite avait déjà soutenu dans les années 1980, avec le Pakistan et les États-Unis, les moudjahidine afghans contre l’occupant soviétique. Il a été l’un des trois seuls pays au monde à reconnaître ensuite le gouvernement des talibans, au pouvoir à Kaboul entre 1996 et 2001. Riyad exerce par ailleurs une influence forte sur le Pakistan en raison de son soutien économique.
Rappelons également que les talibans afghans avaient annoncé l’ouverture prochaine d’une antenne politique au Qatar, à laquelle Kaboul a donné son accord de principe, ce qui pourrait préluder à des pourparlers de paix avec les États-Unis et leurs alliés. Les partisans de ces pourparlers estiment qu’ils constituent la meilleure chance de parvenir à un cessez-le-feu en Afghanistan avant le retrait des troupes de la coalition dirigée par les États-Unis au cours des trois prochaines années.
Le président afghan Hamid Karzaï redoute toutefois d’être mis à l’écart de ces discussions et pourrait bien chercher à organiser des discussions alternatives en Arabie saoudite. « Le gouvernement est en pleine paranoïa depuis que les discussions secrètes ont débuté entre les États-Unis et les talibans, et nous pensons que le Pakistan a le même sentiment », a déclaré une source proche de la sécurité afghane.
L’Afghanistan recevra ainsi demain à Kaboul le ministre pakistanais des Affaires étrangères Hina Rabbani Khar pour débattre des projets de négociations en cours. Des sources haut placées au sein de la sécurité afghane ont indiqué que les responsables du gouvernement afghan chercheront à obtenir du chef de la diplomatie pakistanaise un contact auprès du mollah Abdoul Ghani Baradar, un des fondateurs du mouvement taliban capturé en février 2010 au Pakistan, ainsi qu’avec d’autres membres de la choura de Quetta au Pakistan, considéré comme le conseil dirigeant des talibans. Le Pakistan nie pourtant abriter les insurgés et dit ignorer l’existence d’une quelconque « choura de Quetta ».
(Source : Reuters)

