Mitt Romney (g.) et Newt Gingrich, lors d’un débat télévisé en Caroline du Sud. Photo Jason Reed/Reuters
Gingrich, 68 ans, est né d’une mère adolescente, très vite divorcée, et sera adopté à trois ans par un beau-père militaire, auquel il doit une jeunesse itinérante, jusqu’en France et en Allemagne. Romney, 64 ans, est le 4e enfant d’un homme d’affaires mormon devenu gouverneur du Michigan, puis ministre, George Romney. Le premier étudie l’histoire, le deuxième le droit et les affaires.
Et très tôt Newt Gingrich choisit son destin, déterminé à faire de la politique après avoir visité Verdun en France quand il avait 15 ans. Au troisième essai, il est élu à la Chambre des représentants pour la Géorgie en 1979. Il sera réélu six fois... Et deviendra président de la Chambre entre 1995 et 1999, poste dont il démissionne sous les critiques. Il n’a jamais vraiment quitté le monde de la politique, créant et présidant plusieurs groupes de réflexion politiques, et travaillant également comme consultant chèrement payé – « lobbyiste » accuse Mitt Romney – chez le géant du financement immobilier Freddie Mac, compromis dans la crise de 2008.
Mitt Romney, lui, choisit très tôt le monde de l’entreprise, sitôt ses deux diplômes de Harvard en poche. Il y amasse une énorme fortune à la tête de la société d’investissement Bain Capital dans les années 80 et 90, fait un premier essai raté en politique en 1994 en se présentant au Sénat contre Ted Kennedy, puis retourne dans les affaires, avant de devenir gouverneur du Massachusetts (2003-2007) pour un seul mandat, travaillant avec un Sénat et une Chambre majoritairement démocrates. « La politique n’est pas pour moi une carrière », a-t-il récemment déclaré. Pourtant, il se présente pour la première fois à la présidentielle en 2008, échouant à obtenir l’investiture républicaine face à John McCain. Et récidive en 2011. Mais le courant a du mal à passer auprès des électeurs. Trop robotique, trop peu spontané. « Il est trop plastique, trop parfait », disait de lui une électrice dans le New Hampshire. Plutôt bien de sa personne, il fait campagne en jeans, en chemise à col ouvert. Newt Gingrich, homme rond parfois bougon, casque de cheveux blancs, porte veste et cravate.
Mais le plus détendu n’est pas celui qu’on croit. Auteur de plus de 20 livres, féru d’histoire, Newt Gingrich aime manier le verbe et les idées, et le fait avec talent. Iconoclaste, sûr de lui, il a la réponse volontiers cinglante, n’a pas peur de ferrailler avec ses adversaires et se voit déjà en découdre en novembre avec Barack Obama. Ses idées politiques sont celles d’un conservateur du Sud, sa référence Ronald Reagan. Il dénonce volontiers les médias et les « élites de New York et Washington », et s’enorgueillit de faire peur à l’establishment.
Romney, esprit analytique aux positions parfois moins ancrées – ses critiques le qualifient de girouette –, a progressivement obtenu le soutien de l’establishment républicain. Mais la base le trouve trop modéré et ne se reconnaît pas dans ce mormon cérébral et richissime, qui ne boit ni café ni alcool. Sa vie de famille apparaît irréprochable, marié depuis 42 ans à Ann, son amour de lycée, avec laquelle il a eu cinq fils et 16 petits-enfants.
Newt Gingrich, qui a deux filles et deux petits-enfants, s’est à l’inverse marié trois fois, trompant chaque fois sa femme avec la suivante. Sa dernière épouse, Callista, a 23 ans de moins que lui, et la deuxième, Marianne Ginther, continue à dénoncer publiquement ses arrangements avec la morale. Un seul trait commun inattendu réunit les deux candidats, petit secret qu’ils évitent d’ébruiter car perçu comme trop à gauche : tous les deux ont vécu en France durant leur jeunesse, et tous les deux parlent – ou ont parlé – le français.
(Source : AFP)


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