Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Crise

L’Iran accorde une « visite test » à l’AIEA

Le Parlement de la République islamique reporte un débat sur le pétrole et l’UE.
Une délégation de haut rang de l’AIEA a entamé hier une visite de trois jours en Iran pour tenter d’éclaircir les zones d’ombre du programme nucléaire iranien, alors que Téhéran insiste sur une reprise des discussions avec les grandes puissances.
L’AIEA espère que cette visite permettra de « résoudre toutes les questions en suspens avec l’Iran » et que Téhéran acceptera de répondre aux questions sur une « possible dimension militaire » de son programme nucléaire, a déclaré le chef des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le Belge Herman Nackaerts, avant son départ.
L’Iran, qui dénonce systématiquement depuis des années les rapports selon lui « biaisés » et « politisés » de l’agence onusienne à son propos, a prévenu de son côté hier que cette visite constituait un « test pour l’AIEA ». « Nous attendons que l’agence corrige son attitude et fasse un travail technique, ce qui pourra ouvrir la voie à plus de coopération », a déclaré le président du Parlement, Ali Larijani.
« Mais si elle dévie et se transforme en instrument (politique des Occidentaux), alors l’Iran devra réfléchir » à ses relations avec l’AIEA, qui supervise la plupart des sites nucléaires iraniens dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP) dont Téhéran est signataire, a-t-il prévenu.
Au cours de sa visite, la délégation doit s’entretenir avec des responsables iraniens dont l’identité n’a pas été précisée. L’agence officielle IRNA a indiqué que les inspecteurs visiteraient « probablement le site de Fordo », où se trouve la deuxième usine d’enrichissement d’uranium du pays. L’entrée en service de Fordo début janvier a provoqué une avalanche de critiques dans les pays occidentaux mais aussi en Russie, où les autorités ont exprimé leur « inquiétude ».
La visite de la délégation de l’AIEA intervient également alors que le dernier rapport de l’agence sur l’Iran en novembre 2011 a souligné une « possible dimension militaire » du programme nucléaire iranien, entraînant en janvier de nouvelles sanctions occidentales contre Téhéran.
Malgré ce contexte difficile, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, s’est déclaré hier « optimiste sur la mission et le résultat du travail de la délégation de l’agence » onusienne. M. Salehi a également réaffirmé que Téhéran allait répondre « dans les prochains jours » à une lettre envoyée en octobre par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton pour proposer à Téhéran de reprendre des négociations « sérieuses » avec les grandes puissances sur son dossier nucléaire.
De son côté, le Wall Street Journal a rapporté samedi que l’armée américaine estime que ses bombes antibunker les plus puissantes ne sont pas en mesure de détruire les sites souterrains les plus fortifiés en Iran, soupçonnés d’abriter des activités visant à produire l’arme atomique. Citant des responsables américains sous le couvert de l’anonymat, le quotidien des affaires affirme cependant que l’armée intensifie ses efforts afin d’en fabriquer de plus dévastatrices.
Dans ce contexte, le Parlement iranien a reporté hier un débat sur une éventuelle interdiction des exportations de pétrole vers l’Union européenne, qui pourrait être votée en représailles à l’embargo pétrolier décidé par les Vingt-sept en raison du programme nucléaire de la République islamique. En retournant ainsi la sanction, les élus du Majlis comptent supprimer le délai de six mois que les Vingt-sept prévoyaient de s’accorder pour trouver d’autres sources de pétrole, d’autant que les pays les plus dépendants du brut iranien en Europe sont aussi les plus fragiles économiquement. L’examen du projet a cependant été repoussé.
L’Iran va prochainement réduire ses exportations de pétrole brut vers « certains pays », a toutefois déclaré le ministre du Pétrole, cité par l’agence de presse officielle IRNA.
Ahmad Qalebani, patron de la compagnie pétrolière publique iranienne (NIOC), a assuré que les principales victimes d’une interdiction des exportations iraniennes seraient les raffineurs européens tels que l’Italien Eni. Il a ajouté que l’embargo européen pourrait entraîner le cours du baril de Brent jusqu’à 150 dollars.

(Sources : agences)
Une délégation de haut rang de l’AIEA a entamé hier une visite de trois jours en Iran pour tenter d’éclaircir les zones d’ombre du programme nucléaire iranien, alors que Téhéran insiste sur une reprise des discussions avec les grandes puissances.L’AIEA espère que cette visite permettra de « résoudre toutes les questions en suspens avec l’Iran » et que Téhéran acceptera de répondre aux questions sur une « possible dimension militaire » de son programme nucléaire, a déclaré le chef des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le Belge Herman Nackaerts, avant son départ.L’Iran, qui dénonce systématiquement depuis des années les rapports selon lui « biaisés » et « politisés » de l’agence onusienne à son propos, a prévenu de son côté hier que cette visite...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut