Pour tenter de débloquer des négociations menées à Addis Abeba sous la médiation de l’Union africaine, le Soudan avait annoncé la veille qu’il allait libérer une partie du pétrole sud-soudanais qu’il a confisqué, soit trois navires transportant au total 2,2 millions de barils de pétrole sud-soudanais et retenus dans la ville de Port-Soudan. Mais Juba juge cette offre insuffisante. « Si nous voulons continuer à négocier avec Karthoum, ils doivent alors répondre aux demandes minimum (...). Le brut volé doit être remboursé au Soudan du Sud », a déclaré M. Dau.
Le Soudan du Sud, indépendant depuis juillet, détient les trois quarts des réserves de pétrole de l’ancien État, mais tous ses oléoducs et portes de sortie par la mer sont contrôlées par Khartoum. Khartoum accuse Juba de ne pas avoir payé les frais de transit et admet avoir confisqué 1,7 million de barils de brut du Sud, en plus des 2,2 millions retenus dans les trois tankers. Le gouvernement sud-soudanais estime que cette ponction constitue « un acte de piraterie d’État sur des biens en transit et une violation grave du droit international ».
Signalons finalement que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que la crise entre le Soudan et le Soudan du Sud avait atteint « un point critique », devenant « une menace majeure pour la paix et la sécurité » régionales.
(Source : AFP)

