Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Pour Berry, inquiet, un seul bouclier national, le dialogue

Selon les visiteurs de Aïn el-Tiné, le président Nabih Berry est sérieusement inquiet sur le sort du Liban. Plus qu’il ne l’a jamais été. Il soutient que les développements régionaux conduisent à un pic de périls. En fustigeant l’aveuglement de certains leaderships dont les propos, et le comportement, montrent qu’ils ne réalisent pas ce que risque la scène locale. Il répète que les Libanais doivent se mettre à l’abri par rapport aux retombées des problèmes syriens. Pour lui, la division des rangs politiques internes, plus accentuée encore que durant la guerre intestine, est des plus préjudiciables.
Partant de là, il bataille ferme pour une reprise rapprochée du processus du dialogue. Dont il avait été, faut-il le rappeler, l’artisan initial en 2006, quand il avait réuni tout le monde chez lui, si l’on peut dire, place de l’Étoile.
Étant entendu que cette fois le rendez-vous se renouvellerait à Baabda. D’ailleurs, le chef du législatif ne manque pas de se concerter à ce propos avec le maître de céans, le président Michel Sleiman, également promoteur de la reprise. Ils ont d’abord analysé la situation d’ensemble, à la lumière notamment des prises de position des jouteurs locaux.
Pour constater ensemble que l’opposition se dit prête à jouer le jeu. En base de la stratégie de défense et du traitement de la question des armes, dont seul l’État devrait disposer ou pouvoir ordonnancer. C’est-à-dire qu’il doit garder seul le pouvoir de décider de la guerre et de la paix. Même, ou surtout, en cas de nécessaire coordination avec le Hezbollah, dont l’arsenal serait donc sous supervision de l’autorité politique ainsi que, techniquement, de l’armée.
Le président Sleiman, se souciant de l’attitude du Hezb et des conditions restrictives qu’il pose (en résumé : ne touchez pas à mon Kalachnikov ! ), a interrogé le président Berry à ce propos. Pour se voir promettre une intervention pressante auprès du sayyed en faveur d’un retour à la table ronde, étant donné que cela représenterait une ombrelle protectrice pour tous.
Mais Nasrallah tonne qu’on se fait des illusions si l’on pense pouvoir soulever la question de son armement. Il rejette tout ordre du jour incluant la question, ou encore la 1559 qui s’y rapporte, en ordonnant le désarmement des milices libanaises ou autres. À relever que dans sa récente visite au Liban, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait tenu à se faire accompagner par le personnel directement concerné par le suivi de cette résolution.

Contre-conditions
L’opposition n’est pas en reste de fermeté. Elle refuse l’élargissement de la liste des participants au dialogue, pour qu’il n’y ait pas un surplus de revendications diversifiées. Car pour elle, il ne s’agit que de discuter de l’armement et de l’exclusivité, en la matière, qui doit rester l’apanage de l’État. Elle ajoute que les armes répandues à profusion au sein de la population, sous le prétexte de soutien à la Résistance ou de tout autre chose, ne font que miner l’autorité de l’État, mettant son existence même en péril. Ces armes paralysent souvent les rouages administratifs courants, et même les institutions, en entretenant le culte à peine camouflé de ce que l’on appelle les périmètres de sécurité. C’est-à-dire des zones de non-droit où l’État ne peut pas pénétrer.
Retour au président Berry. Il estime que les Libanais doivent se rendre compte de la nécessité absolue, pour eux, d’agir, par le biais des institutions, en vue de prémunir et de sauver la patrie. Il prône donc le dialogue. Et ne manque pas de se féliciter de la ligne dite de « naï », de mise à l’écart, proclamée par le gouvernement Mikati concernant les retombées des contractions régionales, notamment en ce qui a trait aux événements de Syrie. Il précise d’ailleurs que c’est lui-même qui avait recommandé cette option de neutralité positive au président du Conseil, comme au chef de l’État.
À noter que des députés, se référant aux analyses de diplomates en poste à Beyrouth, estiment que Berry a bien raison de s’inquiéter pour le Liban. Avouant qu’ils craignent eux-mêmes les effets néfastes potentiels de la crise syrienne sur notre pays. Surtout que l’opposition syrienne s’obstine à exiger l’éviction d’Assad, ce qui se ferait, ou ne se ferait pas, sans mal contagieux. Une fois que le point de retour, de rupture définitive, voire de guerre civile, aurait été atteint.
Des opposants locaux redoutent que le régime syrien aux abois ne tente des diversions, évidemment dangereuses, aussi bien au Liban que du côté de l’Irak. Ou des ripostes indirectes aux pressions et aux sanctions occidentales. Ils citent l’exemple de Arida et des trois pêcheurs libanais dont les Syriens ont tué l’un « par méprise ». Un incident grave qui, selon eux, pourrait se renouveler sous d’autres formes, au Nord ou dans la Békaa, régions frontalières.
Sans compter le souci que constitue l’attitude iranienne. Après les déclarations du chef de la brigade al-Qods des gardiens de la libération, le général Kassem Suleiman, sur la mainmise iranienne sur le Sud-Liban. Ce qui constitue, à tout le moins, une claire opposition à la ligne de « naï » proclamée par le gouvernement de Beyrouth. Le président Sleiman a de suite réagi en convoquant l’ambassadeur d’Iran. Qui a expliqué que la transposition des propos en question n’était pas précise, et même que la traduction qui en a été faite les a dénaturés... Il reste que l’opposition s’inquiète que le Hezbollah, qui n’a jamais nié ses allégeances iraniennes, ne représente le bras séculier armé servant les intérêts de Téhéran et du guide suprême Khamenei.
Selon les visiteurs de Aïn el-Tiné, le président Nabih Berry est sérieusement inquiet sur le sort du Liban. Plus qu’il ne l’a jamais été. Il soutient que les développements régionaux conduisent à un pic de périls. En fustigeant l’aveuglement de certains leaderships dont les propos, et le comportement, montrent qu’ils ne réalisent pas ce que risque la scène locale. Il répète que les Libanais doivent se mettre à l’abri par rapport aux retombées des problèmes syriens. Pour lui, la division des rangs politiques internes, plus accentuée encore que durant la guerre intestine, est des plus préjudiciables.Partant de là, il bataille ferme pour une reprise rapprochée du processus du dialogue. Dont il avait été, faut-il le rappeler, l’artisan initial en 2006, quand il avait réuni tout le monde chez lui, si l’on...
commentaires (1)

Mr Berry aimerait se mettre à l'abri des retombées de la chute de ses protecteurs depuis plus de trente ans: la dictature des Assad. Le Liban ne l'a jamais intéressé que dans la mesure où il usait de cette protection pour tenir le Parlement. Celui qui a soutenu la guerre du 8 mai contre son propre peuple et le coup d'Etat du hezb dernièrement, ne peut craindre pour son pays. Il craint pour lui.

Saleh Issal

01 h 16, le 26 janvier 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Mr Berry aimerait se mettre à l'abri des retombées de la chute de ses protecteurs depuis plus de trente ans: la dictature des Assad. Le Liban ne l'a jamais intéressé que dans la mesure où il usait de cette protection pour tenir le Parlement. Celui qui a soutenu la guerre du 8 mai contre son propre peuple et le coup d'Etat du hezb dernièrement, ne peut craindre pour son pays. Il craint pour lui.

    Saleh Issal

    01 h 16, le 26 janvier 2012

Retour en haut