Comme les battements d’un pouls. C’est ainsi que définit Hilda Hiary ses œuvres. Un travail impulsif, compulsif, marqué par les événements qui secouent la région du Moyen-Orient et qui témoigne de cet enchevêtrement de sensations et d’émotions. L’artiste a poursuivi ses études de beaux-arts en Jordanie, son pays natal, mais ses diverses expositions la feront voyager à travers l’Europe et les États-Unis où elle ne cessera d’évoquer un art imprégné de sa culture. Sa ville, Amman, elle l’aime et ne cesse de le prouver, notamment dans cette toile représentant une femme au ventre rond. «Toutes les villes sont des femmes pour moi. Elles portent en elles l’espoir, la beauté et la lumière d’un monde nouveau.» Ainsi, dans la plupart des œuvres de Hiary, les changements s’inscrivent dans les courbes du corps féminin et dans ses multiples métamorphoses: une mère, une maîtresse, une rebelle ou encore Oum Kalsoum bâillonnée. Partout, les fonds en aplats se marient avec les intérieurs aux couleurs panachées, créant une profondeur nouvelle.
Une touche identifiable
L’artiste travaille beaucoup, avec empressement et, dit-elle même en riant, «avec brouillon, mais jamais avec confusion». Après l’époque figurative des premières années, l’abstrait puis le symbolisme envahissent sa toile. Aujourd’hui, Hiary a son style, son empreinte identifiable. «Enfin, dit-elle, je suis en paix avec ce que je fais.»
En effet, bien que les toiles se composent d’éléments différents, de techniques mixtes comme la calligraphie arabe, ainsi que les fioritures ornementales qui rappellent les palais orientaux, ou encore toute cette richesse de couleurs qui évoque cette partie bigarrée de la terre, l’artiste avoue ne pas présenter un art décoratif. «Je tiens par contre à cette esthétique qui soulève chez moi, et j’espère dans le regard des autres, le ravissement. J’aime avoir un fil conducteur, poursuit-elle, même s’il s’égare au passage et emprunte d’autres détours plus spontanés.»
De l’image de la grande diva égyptienne qui, la première, a glorifié le pouvoir du peuple dans sa chanson Al-Chaab, à celle du martyr arabe teintée de noirceur, ou encore à ces êtres en complète déconstruction et ces figures féminines derrière les barreaux, Hilda Hiary refait la cartographie non d’un printemps («je ne sais pas qui lui a donné ce nom d’ailleurs», dit-elle avec étonnement), mais probablement d’un automne car, derrière chaque pluie, il y a un rayon de soleil et derrière chaque feuille morte il y a un bourgeon.
* Ayyam Gallery, Beirut Tower, Zeitouné, Tél. : 01/374450.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Comme les battements d’un pouls. C’est ainsi que définit Hilda Hiary ses œuvres. Un travail impulsif, compulsif, marqué par les événements qui secouent la région du Moyen-Orient et qui témoigne de cet enchevêtrement de sensations et d’émotions. L’artiste a poursuivi ses études de beaux-arts en Jordanie, son pays natal, mais ses diverses expositions la feront voyager à travers l’Europe et les États-Unis où elle ne cessera d’évoquer un art imprégné de sa culture. Sa ville, Amman, elle l’aime et ne cesse de le prouver, notamment dans cette toile représentant une femme au ventre rond. «Toutes les villes sont des femmes pour moi. Elles portent en elles l’espoir, la beauté et la lumière d’un monde nouveau.» Ainsi, dans la plupart des œuvres de Hiary, les changements s’inscrivent dans les courbes du...