M. Othmani, un des principaux dirigeants du parti islamiste modéré Justice et Développement (PJD), vainqueur des législatives de l’an dernier, a été accueilli à sa descente d’avion en provenance du Caire à l’aéroport Houari Boumediene par son homologue Mourad Medelci. Déjà, les deux hommes étaient ensemble au Caire pour une réunion de la Ligue arabe sur la Syrie et qui a permis, selon M. Othmani, un début de concertation entre les cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA).
Il s’agit donc de la première visite d’un ministre marocain des Affaires étrangères en Algérie depuis celle, en juin 2003, de Mohammad Bénaïssa qui, justement, devait relancer le « processus d’édification » du Maghreb, qui comprend, outre ces deux pays, la Mauritanie, la Tunisie et la Libye qui préside actuellement l’organisation.
M. Othmani sera de ce fait reçu ce matin par le président Abdelaziz Bouteflika et doit rester deux jours à Alger à l’invitation de M. Medelci. « Nous ne pourrons pas tout trancher lors de cette visite ni discuter de tous les programmes », a-t-il toutefois reconnu, ajoutant qu’il s’agit « du début d’un processus de consultations ». Pour cette raison, les deux pays sont convenus hier d’organiser une réunion semestrielle de leurs ministres des Affaires étrangères afin d’évaluer leurs relations bilatérales, selon M. Othmani.
Parmi les problèmes qui ont entravé l’action de l’UMA et les liens algéro-marocains, la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole occupée en 1975 par Rabat comme partie intégrante de son territoire alors qu’Alger soutient le front indépendantiste sahraoui Polisario. Les autres dossiers en suspens concernent également « l’indemnisation des Algériens chassés du Maroc », après la décision d’Alger de fermer sa frontière en 1994 en réponse à l’instauration par Rabat du régime des visas. Le Maroc avait, rappelons-le, mis en cause le renseignement militaire algérien dans un attentat meurtrier à Marrakech. Il y a aussi, comme le relevait hier l’éditorial du journal francophone Liberté, « le trafic de drogue qui empoisonne aujourd’hui la société algérienne », avec plus de 300 000 consommateurs, en référence aux tonnes de cannabis marocain régulièrement saisies en Algérie. Enfin, la dégradation de la sécurité dans le Sahel depuis le début du conflit libyen inquiète Alger qui compte d’ailleurs en parler à la prochaine réunion de l’UMA.
(Source : AFP)


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