Parallèlement, après avoir recueilli l’avis d’experts, M. Gabrielli a donné le feu vert tant attendu au démarrage du pompage du carburant. Le navire est « stable », « il n’y a pas de risque qu’il glisse vers les hauts fonds », ce qui « permet d’agir sur les deux fronts », la recherche des corps et le vidage des cuves remplies de 2 380 tonnes de mazout, a lancé le commissaire. Celui-ci devrait durer « 28 jours sans interruption », a précisé l’amiral Ilarione Dell’Anna, un des responsables des opérations. Le pompage doit intervenir avant l’éventuelle remise à flots ou le dépeçage du navire. Il commencera par les citernes externes, et le carburant, actuellement trop lourd, devra être réchauffé pour pouvoir être pompé. Bart Huizing de la société néerlandaise Smit Salvage chargée de ces opérations a même précisé que « si possible, on démarrera demain (aujourd’hui) ».
Par ailleurs, l’enquête se concentre toujours sur le commandant de bord, Francesco Schettino, et son attitude durant le drame. Selon de nouveaux éléments, peu avant d’être arrêté après le naufrage, il aurait rencontré dans son hôtel une « élégante femme blonde » à qui il aurait remis son ordinateur personnel. Selon les médias italiens, ce serait une avocate liée à la société propriétaire Costa Crociere, mais la compagnie a démenti « catégoriquement » s’être fait remettre « quoi que ce soit par Schettino » après le naufrage.
De même, la légèreté du capitaine au moment de l’accident continuait à susciter des interrogations. Quand le bateau géant est allé heurter un récif, il se trouvait sur la passerelle avec plusieurs personnes qui n’auraient pas dû y être, selon la presse, comme le maître d’hôtel Antonello Tievoli, à qui il voulait montrer l’île dont il est originaire. Le petit groupe aurait échangé des plaisanteries, l’empêchant de se concentrer, alors que le navire allait trop vite (15 nœuds). Par la suite, alors que la gravité de l’accident était claire, M. Schettino serait allé brièvement dans sa cabine. Les médias insistaient aussi sur le fait que « l’inchino », le salut du bateau à la côte, aurait été prévu et autorisé par Costa avant le départ du bateau de Civitavecchia, ce que la compagnie nie depuis le début.
Dans ce contexte, un avocat américain a annoncé hier qu’il se préparait à lancer demain à Miami des poursuites en nom collectif au bénéfice des passagers du paquebot Concordia. Mitchell Proner, du cabinet new-yorkais Proner and Proner, a précisé que les dommages demandés s’élèveraient à minimum 125 000 euros par passager indemne, « plusieurs fois cela » pour les blessés, et « plus d’un million », voire « plusieurs millions d’euros », pour indemniser les proches des victimes décédées.
(Source : AFP)

