M. Ghoga a annoncé hier qu’il démissionnait « dans l’intérêt de la nation », après la multiplication des appels à son départ. « Pour prouver que nous sommes avec l’intérêt (de la Libye) et que nous ne sommes qu’un mouvement de lutte, nous avons décidé de laisser la place à d’autres patriotes. Nous n’avons aucun problème avec ça, car l’important est de préserver le CNT », a-t-il expliqué. « Nous ne voulons pas que notre pays glisse vers le chaos (...) car cette étape est critique, pas moins critique que celle qui l’a précédée », a-t-il ajouté.
Sous la pression de la rue, le CNT a également reporté l’adoption de la loi électorale qui régira l’élection d’une assemblée constituante en juin, au lendemain du saccage de son siège à Benghazi, le berceau de la révolution dans l’est du pays. Samedi en effet, des grenades artisanales avaient été jetées sur le siège du CNT à Benghazi avant que des centaines de manifestants ne l’envahissent et ne mettent le feu à sa façade.
Le CNT, qui devait tenir une conférence de presse hier pour annoncer l’adoption de la loi électorale, a donc été contraint de se réunir dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité après les incidents de la veille, a déclaré Salwa al-Digheili, chargée des affaires juridiques au CNT. « La loi électorale devait être annoncée aujourd’hui (dimanche), mais certains articles doivent être réexaminés. La loi va être adoptée le 28 janvier », a affirmé pour sa part Abderrazak al-Aradi. Ce report doit être consacré à prendre l’avis d’organisations de la société civile et d’experts, certains articles du projet de loi publié sur Internet ayant été contestés, comme celui réservant 10 % des sièges de l’assemblée aux femmes, a ajouté M. al-Aradi. En revanche, la commission électorale a été formée et supervisera les futures élections. Elle est composée de 17 membres, dont des juges, des avocats, des militants des droits de l’homme, des représentants de jeunes et de femmes, a-t-il précisé.
Par ailleurs, au moins 4 000 étudiants libyens ont manifesté hier à Benghazi pour protester contre l’arrestation de 11 de leurs camarades après l’agression du vice-président du CNT dans leur université, selon des témoins. Rappelons qu’Abdelhafidh Ghoga avait été pris à parti et agressé jeudi à l’université de Ghar Younès, à Benghazi, où il devait assister à une cérémonie en l’honneur des martyrs de la révolution qui a renversé Mouammar Kadhafi.
Italie : nouveau départ
Sur le plan diplomatique, l’Italie et la Libye ont signé samedi à Tripoli un nouveau pacte devant servir de « cadre politique » à leurs futures relations, à l’occasion de la première visite du chef du gouvernement italien Mario Monti dans ce pays. La « déclaration de Tripoli » vise à « ouvrir de nouveaux horizons pour la coopération » entre les deux pays, selon le texte de l’accord.
(Source : AFP)

