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Lifestyle - Environnement

Hong Kong s’attaque tardivement et petitement à la pollution

L’OMS a récemment classé la métropole 559e sur 566 villes pour ses niveaux d’émissions toxiques.

Chaque année, près de 3 200 personnes meurent des effets de la pollution. Philippe Lopez/AFP

Après des décennies d’attentisme, Hong Kong, qui compte parmi les villes les plus polluées au monde, s’est engagé à réduire les émissions toxiques qui y rendent l’air irrespirable, dissuadant les expatriés de s’installer et poussant les autres à partir.
Le gouvernement de Hong Kong a annoncé cette semaine la révision de ses « Objectifs de qualité de l’air » pour la première fois depuis un quart de siècle alors que la pollution fait chaque année 3 200 morts dans la mégapole financière de 7 millions d’habitants, selon des statistiques de l’Université de Hong Kong. Plus encore, la pollution ne cesse de s’aggraver à cause des usines du sud de la Chine, mais aussi de ses propres centrales électriques et des gaz d’échappement des véhicules circulant sur son très dense réseau routier le long de la baie. De récents prélèvements dans les quartiers de Central, Causeway Bay et Mong Kok ont d’ailleurs montré des concentrations d’émissions toxiques dix fois plus importantes qu’en 2005, plus de soixante-dix jours par an. Enfin, et surtout, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment classé Hong Kong au 559e rang sur 566 villes pour ses niveaux de pollution.
Les nouveaux objectifs fixés imposeront donc des limites strictes de concentration pour sept substances, dont le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, le monoxyde de carbone et le plomb. L’ancien territoire britannique mesurera aussi les concentrations de particules fines – d’un diamètre égal ou inférieur à 2,5 microns – considérées comme les plus dangereuses parce qu’elles peuvent pénétrer profondément dans le corps humain, jusqu’aux alvéoles pulmonaires, et migrer dans le sang. Quant aux véhicules les plus polluants, ils seront retirés de la circulation et les véhicules électriques ou hybrides bénéficieront de mesures incitatives.
Ces annonces ont été fraîchement accueillies par les professionnels de santé et les associations écologistes qui les jugent tardives et insuffisantes. « C’est un petit pas dans la bonne direction, mais les mesures sont décevantes.
Elles ne sont pas conformes aux recommandations de l’OMS et ne sont pas une garantie pour la santé », a réagi Hahn Chu, de l’association Friends of the Earth Hong Kong. Le responsable des questions d’environnement à la mairie Edward Yau a également répondu que les normes de l’OMS étaient des « cibles lointaines » pour une ville comme Hong Kong, cernée d’usines chinoises, et qui ne maîtrise donc pas tous les paramètres. « Compte tenu de l’environnement de Hong Kong, nous ne pouvons pas nous fixer un objectif irréaliste », a-t-il ainsi déclaré.
Outre les questions urgentes de santé publique, Hong Kong, qui dispute à Singapour le titre de capitale financière de l’Asie, doit rapidement redorer son blason à l’étranger si elle veut conserver son rang et attirer des compétences. Plusieurs études ont effectivement montré que « la pollution de l’air pousse à partir les plus riches et les mieux éduqués qui constituent la base de l’économie de Hong Kong, fondée sur la finance et la connaissance », affirme l’ONG Civic Action. De même, d’importants projets d’infrastructure générateurs de pollution, en particulier la construction d’un pont entre Hong Kong et Macao et une troisième piste pour l’aéroport, l’un des plus fréquentés au monde, sont menacés par le plafonnement des émissions à partir de 2014.
Au total, les pertes économiques induites par la pollution à Hong Kong s’élèveraient chaque année à 40 milliards de dollars HK, soit 4 milliards d’euros, selon ces études. Mike Kilburn du centre de réflexion Civic Exchange souligne avec ironie que les nouvelles intentions de Hong Kong ont été rendues publiques quelques jours seulement après une promesse de Pékin d’être plus transparent sur la pollution.

          (Source : AFP)
Après des décennies d’attentisme, Hong Kong, qui compte parmi les villes les plus polluées au monde, s’est engagé à réduire les émissions toxiques qui y rendent l’air irrespirable, dissuadant les expatriés de s’installer et poussant les autres à partir.Le gouvernement de Hong Kong a annoncé cette semaine la révision de ses « Objectifs de qualité de l’air » pour la première fois depuis un quart de siècle alors que la pollution fait chaque année 3 200 morts dans la mégapole financière de 7 millions d’habitants, selon des statistiques de l’Université de Hong Kong. Plus encore, la pollution ne cesse de s’aggraver à cause des usines du sud de la Chine, mais aussi de ses propres centrales électriques et des gaz d’échappement des véhicules circulant sur son très dense réseau routier le long de la...
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