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Moyen Orient et Monde - Nucléaire Iranien

Négociations à Istanbul : vœu sincère ou pure manœuvre ?

Réactions mi-figue, mi-raisin après l’annonce de Ali Akbar Salehi.
Les négociations entre l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) sur le nucléaire iranien, interrompues depuis un an, se dérouleront « très probablement » à Istanbul, a affirmé à Ankara le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, cité par les médias à son arrivée en Turquie pour assister à un forum économique bilatéral et s’entretenir du programme nucléaire controversé de son pays avec les dirigeants turcs. M. Salehi a souligné que son homologue turc Ahmet Davutoglu était en contact avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le chef iranien des négociateurs nucléaires Saïd Jalili pour fixer la date de la reprise des discussions nucléaires, selon l’agence de presse Anatolie.
Rappelons que la Turquie, qui joue les médiateurs dans le dossier nucléaire de son voisin iranien, avait accueilli à Istanbul en janvier 2010 la dernière série de négociations entre l’Iran et les 5+1, mais aucun accord n’avait été obtenu.
De son côté, Ahmet Davutoglu s’est dit hier optimiste sur les chances de reprise dans son pays des négociations autour du programme nucléaire controversé de l’Iran. « Les deux parties ont dit leur intention de se rencontrer et de redémarrer les discussions » mais « bien entendu, il leur appartient de décider » de le faire, a-t-il dit à la presse, en marge d’une visite à l’OTAN à Bruxelles. « Nous serons ravis d’accueillir cette nouvelle session de négociations, a-t-il ajouté. Nous espérons que ces négociations vont aboutir à des résultats positifs. »
Démentant ces propos, le gouvernement britannique a immédiatement fait savoir que les négociations sur un nouveau calendrier étaient toujours au point mort. À Bruxelles, l’UE s’est également inscrite en faux contre les affirmations iraniennes. « Il n’existe pas de négociations en cours sur de nouveaux pourparlers, a déclaré un porte-parole de Mme Ashton. Nous attendons toujours une réponse de l’Iran aux propositions importantes contenues dans la lettre de Catherine Ashton en octobre. »
« À l’approche de cette réunion, l’Iran cherche à faire parler de lui en prétendant vouloir négocier », a estimé un diplomate occidental, toujours en réaction aux propos de Salehi. « Si ce pays est prêt à s’asseoir sans condition préalable à la table de négociations, les Six sont d’accord. Malheureusement, pour le moment, on n’assiste qu’à des manœuvres de propagande », a-t-il poursuivi.

Conséquences désastreuses
Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé hier que si l’option militaire était choisie contre la République islamique, cela aurait des conséquences désastreuses et entraînerait une guerre générale au Proche-Orient. « Je n’ai aucun doute sur le fait que cela ne ferait qu’ajouter de l’huile sur le feu au conflit qui couve toujours entre sunnites et chiites. Et je ne sais pas où s’arrêteraient les réactions en chaîne », a-t-il ajouté, évoquant notamment une importante crise de réfugiés dans la région. M. Lavrov a par ailleurs estimé que les nouvelles sanctions prévues par l’Occident contre l’Iran avaient pour but d’ « asphyxier » son économie et probablement de susciter le mécontentement de la population.
M. Lavrov a également jugé que l’Europe et les États-Unis imposaient des sanctions à la République islamique dans le but de faire échouer de nouveaux pourparlers internationaux sur le programme nucléaire iranien, soupçonné par les Occidentaux d’avoir des objectifs militaires, ce que Téhéran nie.
Les pays européens se sont en effet mis d’accord au début du mois sur le principe d’instaurer un embargo pétrolier contre l’Iran à l’instar des États-Unis. L’UE doit aussi décider d’un nouveau train de sanctions musclées le 23 janvier après l’annonce du lancement de la production d’uranium enrichi à 20 % sur le site de Fordo, à 150 km au sud-ouest de Téhéran. La Russie, qui a jusqu’ici souscrit à quatre séries de sanctions du Conseil de sécurité contre l’Iran, a fait savoir tout comme la Chine qu’elle s’opposait à de nouvelles mesures coercitives.
Par ailleurs, si les États-Unis n’ont pas pris de mesures pour renforcer leurs moyens militaires dans la région du détroit d’Ormuz, ils sont cependant « totalement prêts à faire face » à une éventuelle fermeture du détroit par l’Iran, selon les déclarations hier du chef du Pentagone Leon Panetta.
« Nous avons toujours maintenu une présence importante dans cette région pour être très clairs sur le fait que nous ferions tout ce qui est possible pour maintenir la paix dans cette partie du monde », a affirmé le secrétaire à la Défense lors d’une conférence de presse. « Nous continuons manifestement à nous préparer à toute éventualité mais nous ne prenons aucune mesure spécifique à ce stade pour faire face à la situation. Pourquoi ? Parce que nous sommes totalement prêts aujourd’hui à faire face à la situation », a-t-il ajouté. Il a aussi répété que Washington préférait voir les différends avec Téhéran résolus par la diplomatie plutôt que par les armes, mais rappelé qu’il fallait « être deux pour discuter ». Précisons que deux porte-avions américains sont déployés à proximité du Golfe et des dizaines de milliers de soldats sont basés au Moyen-Orient.

(Source : agences)
Les négociations entre l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) sur le nucléaire iranien, interrompues depuis un an, se dérouleront « très probablement » à Istanbul, a affirmé à Ankara le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, cité par les médias à son arrivée en Turquie pour assister à un forum économique bilatéral et s’entretenir du programme nucléaire controversé de son pays avec les dirigeants turcs. M. Salehi a souligné que son homologue turc Ahmet Davutoglu était en contact avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le chef iranien des négociateurs nucléaires Saïd Jalili pour fixer la date de la reprise des discussions nucléaires, selon l’agence de presse Anatolie.Rappelons que la Turquie, qui joue...
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