La grève avait commencé lundi 9 janvier, après la suppression des subventions aux carburants qui avait provoqué une flambée des prix à la pompe dans le premier producteur de brut et pays le plus peuplé d’Afrique.
À Lagos, la métropole économique, quelque 300 manifestants ont protesté hier dans la rue, jugeant insuffisant le geste du président Goodluck Jonathan qui avait annoncé dans la matinée une baisse du nouveau prix de l’essence d’environ 30 %. Les forces de sécurité ont tiré en l’air et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, tandis que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays. Toujours à Lagos, la police a effectué un raid d’une vingtaine de minutes dans les bureaux de la chaîne de télévision américaine CNN, sans qu’on sache si cette intrusion était liée au mouvement de protestation.
En dépit du geste concédé, M. Jonathan a toutefois refusé de céder sur le fond, affirmant que « le gouvernement allait continuer de poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier ». Des responsables syndicaux ont ajouté être toujours en désaccord avec le montant de la baisse annoncée du prix de l’essence, mais qu’ils demeuraient prêts à de nouvelles négociations. Le gouvernement a justifié l’arrêt des subventions aux carburants, quelque 8 milliards de dollars, pour financer la modernisation des infrastructures du pays. Mais le doublement du prix de l’essence frappe durement une population de 160 millions d’habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.
Outre les protestations sociales, le Nigeria est aux prises avec un conflit récurrent entre chrétiens et musulmans, qui a connu un regain d’acuité après des attentats antichrétiens revendiqués par le groupe islamiste Boko Haram. Ces violences ont, depuis Noël, fait une centaine de morts et quelques manifestations organisées dans le cadre de la grève générale ont donné lieu la semaine dernière à des violences à caractère confessionnel.
(Source : AFP)

