Le locataire de l’Élysée préparait pourtant depuis quelques semaines ses concitoyens à cette mauvaise nouvelle. « Ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable », déclarait-il le 12 décembre, évoquant pour la première fois cet abaissement de la note du pays. Ainsi a-t-il au fil des mois adapté son discours à cette perspective de plus en plus inéluctable d’une dégradation de la note de la France. « Si nous perdons le triple A, je suis mort », disait-il déjà à l’automne, selon la presse française, en allusion à ses chances de réélection. En présentant ses vœux de fin d’année aux Français en décembre, il avait insisté : « Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des marchés financiers, ni non plus nos erreurs passées, mais je le dis pour que chacun l’entende, ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France. »
François Hollande, qui a répété ne pas souhaiter la dégradation de la note française, affirme cependant depuis plusieurs semaines qu’elle représenterait « l’échec » de la politique économique de son adversaire. « C’est un triple échec pour Nicolas Sarkozy : échec de sa politique économique depuis 5 ans qui a mené la France dans cette situation (...), échec de la gestion de la crise et échec social », affirmait aussi hier le député socialiste Jean-Marie Le Guen. Mais, selon un membre important du gouvernement, « la perte du triple A n’est pas rédhibitoire pour la réélection du président de la République, sinon ça voudrait dire que les agences de notation font l’élection. »
Quant à la présidente du Front national, Marine Le Pen, elle a déclaré hier que la perte attendue du triple A de la France signait « la fin du mythe du président protecteur » et « disqualifie tous ceux » qui ont défendu l’euro.
L’incertitude règne donc sur le paysage politique français où, malgré le statut de favori de François Hollande, toutes les options semblent ouvertes, y compris un coup de théâtre.
Un sondage OpinionWay Fiducial confirme que le scrutin devrait se jouer autour d’un quatuor : le candidat socialiste, le président sortant Nicolas Sarkozy, la présidente du Front national Marine Le Pen et le dirigeant centriste François Bayrou. Les quatre prétendants sont respectivement crédités de 27 %, 25 %, 17 % et 15 % des intentions de vote – des écarts qui se resserrent.
La route est toutefois encore longue et la démoralisation des Français, doublée d’une défiance envers la classe politique attestée par plusieurs enquêtes, jette le trouble sur l’issue possible de cette bataille politique dominée par une redoutable crise économique et financière. La campagne ne répond pas pour l’heure aux préoccupations de 72 % des électeurs, selon le sondage. Trop de « petites phrases », trop d’« attaques personnelles », estiment en effet 84 % des personnes interrogées.
L’outre-mer et Cohn-Bendit
De son côté, François Hollande est sur le pied de guerre : cent jours, des déplacements dans 22 régions, sept grands discours et un objectif, entrer à l’Élysée le 6 mai. Déjà fourni ces derniers mois, l’agenda du candidat socialiste se densifie encore à l’approche des échéances. « Dans cette campagne, je veux aller dans le plus grand nombre de villes, dans toutes les régions. Je veux aller dans les lieux où l’économie est menacée, mais aussi dans les entreprises qui marchent », déclarait-il le week-end dernier.
Le député de Corrèze part donc aujourd’hui pour une tournée-éclair de trois jours en Guadeloupe, Martinique et Guyane, opération séduction sur le thème du « retour des outre-mer dans la République ». François Hollande « décrira pourquoi il lui semble que les outre-mer ont été pendant plusieurs années les oubliés de la République », souligne l’un des porte-parole du candidat, Bruno Le Roux. Signalons que les cinq départements français d’outre-mer (Réunion, Mayotte, Guadeloupe, Martinique, Guyane) connaissent des taux de chômage parmi les plus élevés d’Europe, au-dessus de 20 %, et les jeunes en sont les premières victimes.
En attendant, François Hollande pourrait bénéficier du soutien inattendu du député européen écologiste Daniel Cohn-Bendit, qui a déclaré hier qu’il pourrait être tenté de voter pour le candidat socialiste et non pour Éva Joly, s’il était citoyen français. Ces propos mettent dans l’embarras la candidate écologiste, bloquée à 3 % des intentions de vote dans les sondages et dont la campagne est critiquée en interne.
En déplacement près de Rouen, la candidate d’Europe Écologie-Les Verts a minimisé les propos de son « ami », dont elle a rappelé qu’il était un opposant de longue date à une candidature écologiste à l’élection présidentielle en France. « Je dirai que mon ami Dany reste constant à ses opinions (...) Il a toujours pensé qu’il valait mieux que les écologistes n’aient pas de candidat, c’est un débat que nous avons eu au sein du mouvement et il y a là-dessus un désaccord mais nous pensons que c’est (...) vital d’avoir un candidat », a-t-elle réagi.
Le mariage gay
Reste la vraie-fausse surprise de ces dernières heures : la question du mariage homosexuel, qui a fait irruption hier dans la campagne, le quotidien Libération affirmant que le président Nicolas Sarkozy y était désormais favorable.
En fin de matinée toutefois, la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse opposait un démenti ferme. « Le président de la République n’a absolument pas changé d’avis et est défavorable à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels », a déclaré la ministre. Rappelons qu’en 2006, Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur avait évoqué un « contrat d’union civique » pour les homosexuels, alors qu’existait déjà en France depuis plus de six ans une union civile ouverte aux deux sexes.
Le Pen et le Qatar
Enfin, la chef du Front national et candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen a décidé de vivement critiquer hier le Qatar, accusé « d’investir massivement » et sur une base communautaire dans les banlieues françaises où vivent de nombreux musulmans. Le Qatar avait effectivement annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions d’euros pour financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France. « Les investissements massifs qu’il fait en banlieue le sont à raison de la proportion très importante de musulmans qui y vivent. C’est donc critiquable, parce qu’on laisse un pays étranger choisir ses investissements en fonction de la religion de telle ou telle partie de la population ou du territoire français », a dénoncé Marine Le Pen lors d’une conférence de presse.
(Sources : agences)


Je voudrais bien le croire puisque vous le dites, cher M Jaber, mais je voudrais bien aussi que ses écrits ici arrêtent de vous démentir ... Tenez, par exemple, dans son droit de réponse ci-bas, il a réussi à trouver dans mes propos (je ne sais trop où ni comment) de la vulgarité et de l'hypocrisie. Bien entendu je n'y attache aucune importance. Meilleurs voeux et excellente santé pour 2012 (et les suivantes bien sûr !)
06 h 49, le 15 janvier 2012