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Lifestyle - Autriche

Les chauffeurs de taxi de Vienne sur la sellette

Surveillés par des détectives privés, la majorité n’a pu conseiller une curiosité touristique ou su recommander un restaurant.

Deux études sur les chauffeurs viennois ont donné de si mauvais résultats que la ville a eu recours à des détectives privés afin les identifier . Photo Dieter Nagl/AFP

Dans Le Troisième homme, chef d’œuvre du 7e art de 1949, un chauffeur de taxi conduit le héros Holly Martins à travers les rues de Vienne dévastée par les bombes de la Seconde Guerre mondiale, sans aucune considération pour son passager.
En 2012, il n’y a plus de traces de bombardements, mais les taxis viennois ont toujours aussi peu d’égards pour leurs clients. C’est du moins la conclusion de deux récentes études, qui ont poussé les autorités à embaucher des détectives privés pour espionner les chauffeurs. Dans l’une des études, menée dans 22 villes européennes par le plus grand automobile club d’Allemagne (ADAC), Vienne a subi un véritable camouflet, pointant à la 18e place. Deux chauffeurs de taxi sur dix testés par l’ADAC ont grillé des feux rouges et utilisé leur téléphone portable sans kit mains libres. Embarrassant aussi pour une ville qui veut attirer plus de touristes, huit chauffeurs n’ont pas été capables de conseiller une curiosité touristique et sept ne pouvaient pas recommander un restaurant.
Les résultats de la seconde étude, réalisée cette fois par l’Office du tourisme de Vienne sur 133 taxis, vont dans le même sens. Près d’un quart des taxis (22 %) étaient sales et en désordre, 58 % n’avaient pas l’air conditionné – l’étude a été réalisée en été – et 12 % ne connaissaient pas le chemin pour arriver à la destination demandée ou bien se sont même trompés d’itinéraire. De même, près de la moitié d’entre eux parlaient un anglais « insuffisant » pour comprendre la destination souhaitée par les clients, ajoute l’Office du tourisme.
Depuis la parution de ces deux études, Vienne a décidé d’avoir recours à des détectives privés. « Nous voulons identifier les chauffeurs fautifs, les poursuivre et, si nécessaire, les retirer de la circulation », a expliqué Andreas Curda, directeur du département transports à la Chambre de commerce de Vienne, précisant qu’il s’agissait de détectives privés professionnels. En revanche, la maîtrise de l’anglais ne sera pas un critère, assure-t-il. « En Autriche, la langue, c’est l’allemand (...) Si vous allez à Paris, les chauffeurs de taxi ne parlent pas non plus anglais. »
De leur côté, les chauffeurs de taxi viennois admettent qu’il y a de mauvais élèves dans leurs rangs. « J’ai entendu parler de quelqu’un qui a conduit une femme de la gare de Westbanhof jusqu’à l’hôtel Etap dans le troisième arrondissement », ou une distance de 7,3 km, a raconté l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat. « Il lui a demandé 70 euros. Il l’a conduite dans toute la ville de Vienne. Cela nous donne une mauvaise image ».
Mais les chauffeurs interrogés estiment qu’ils sont majoritairement d’honnêtes gens qui essaient de gagner leur vie, avec un métier ennuyeux – ils passent les deux tiers de leur temps de travail à attendre les clients –, parfois dangereux, où la concurrence fait rage. Plus encore, depuis la mise en place d’un service de nuit du métro viennois les week-ends en septembre 2010, la clientèle des 4 500 taxis enregistrés a baissé de 10 %. La ville estime ainsi qu’il y a 1 000 taxis de trop.

             (Source : AFP)
Dans Le Troisième homme, chef d’œuvre du 7e art de 1949, un chauffeur de taxi conduit le héros Holly Martins à travers les rues de Vienne dévastée par les bombes de la Seconde Guerre mondiale, sans aucune considération pour son passager.En 2012, il n’y a plus de traces de bombardements, mais les taxis viennois ont toujours aussi peu d’égards pour leurs clients. C’est du moins la conclusion de deux récentes études, qui ont poussé les autorités à embaucher des détectives privés pour espionner les chauffeurs. Dans l’une des études, menée dans 22 villes européennes par le plus grand automobile club d’Allemagne (ADAC), Vienne a subi un véritable camouflet, pointant à la 18e place. Deux chauffeurs de taxi sur dix testés par l’ADAC ont grillé des feux rouges et utilisé leur téléphone portable sans kit...
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