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Liban - Éclairage

Le débat sur l’après-Assad fait rage au sein du Hezbollah

Des cercles du 14 Mars reprochent au chef de l’État et au patriarche maronite de soulever les idées d’un amendement constitutionnel de l’accord de Taëf ou d’un « nouveau pacte social », au mauvais moment. Selon ces cercles, le Hezbollah n’attend que cette occasion, pour relancer son projet de mutation politique vers un partage du pouvoir politique par tiers, et l’abandon du principe de la parité islamo-chrétienne au sein des institutions.
Ces cercles citent, à l’appui de leurs appréhensions, des informations émanant de cadres du Hezbollah. Selon ces derniers, le débat fait rage au sein du parti sur l’après-Assad, sachant que la chute de la dynastie alaouite serait une perte irréparable pour le parti islamiste.


C’est donc par anticipation d’une perte qu’il faudra compenser, d’une façon ou d’une autre, que des idéologues du Hezbollah proposent que l’on soulève à nouveau, quand l’occasion se présente, l’idée d’un partage du pouvoir entre chrétiens, sunnites et chiites, et non plus selon une ligne de fracture islamo-chrétienne, comme le prévoit l’accord de Taëf (1989).


On sait que ces thèses ont été soulevées, comme des ballons d’essai, lors de la conférence de Saint-Cloud, en France, ainsi que lors de la crise de régime de 2008. Toutefois, elles avaient rapidement été escamotées, au regard du tollé, que ces idées avaient soulevé dans les milieux chrétiens et sunnites d’abord, ainsi qu’au niveau régional, notamment en Arabie saoudite.
Pour les cercles du 14 Mars cités, il n’est pas question d’offrir au Hezbollah l’occasion de relancer le débat sur cette question, tant que le Hezbollah est à l’apogée de sa force, que son arsenal est ce qu’il est, et que le régime syrien est toujours capable de lui apporter son appui politique et logistique.
S’il faut absolument corriger les points faibles de l’accord de Taëf, s’il faut absolument se réunir autour d’une table pour renouer, 70 ans après l’indépendance, le pacte national sur lequel repose le Liban, ce n’est pas maintenant qu’il faut le faire, mais après l’effondrement du régime baassiste en Syrie, estiment les quatorze maristes cités.
Du reste, comme dans toutes les autres communautés, il existe des « têtes brûlées » sunnites qui surenchérissent et réclament aussi des « réajustements de pouvoir » au profit de leur propre communauté. Ces milieux invoquent toutes sortes d’arguments à cet effet, notamment démographiques.
Les opposants à toute modification constitutionnelle en l’état actuel des choses ont clairement fait part de leurs avis au chef de l’État et au patriarche maronite. Le farouche attachement de certains à l’accord de Taëf, malgré les faiblesses désormais évidentes du texte, notamment en ce qui concerne les prérogatives du président de la République, ne s’explique pas autrement.


Sur ce plan, les cercles du 14 Mars cités ont été soulagés d’entendre le président Sleiman réaffirmer son attachement à l’accord de Taëf, lors du séminaire sur la loi électorale organisé par le ministère de l’Intérieur. Et de réaffirmer qu’il est impensable de parler d’un nouveau partage du pouvoir au Liban, avant que l’équation régionale ne soit modifiée et que le Hezbollah n’ait placé ses hommes et ses armes sous le commandement légitime de l’État libanais.

Des cercles du 14 Mars reprochent au chef de l’État et au patriarche maronite de soulever les idées d’un amendement constitutionnel de l’accord de Taëf ou d’un « nouveau pacte social », au mauvais moment. Selon ces cercles, le Hezbollah n’attend que cette occasion, pour relancer son projet de mutation politique vers un partage du pouvoir politique par tiers, et l’abandon du principe de la parité islamo-chrétienne au sein des institutions.Ces cercles citent, à l’appui de leurs appréhensions, des informations émanant de cadres du Hezbollah. Selon ces derniers, le débat fait rage au sein du parti sur l’après-Assad, sachant que la chute de la dynastie alaouite serait une perte irréparable pour le parti islamiste.
C’est donc par anticipation d’une perte qu’il faudra compenser, d’une façon ou d’une...
commentaires (9)

Le bouffon du roi faisait rire le roi. Certains autres, avec leurs balivernes et absurdités, font rire tout le monde, chaque jour, tous les matins et soirs. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

12 h 06, le 11 janvier 2012

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Commentaires (9)

  • Le bouffon du roi faisait rire le roi. Certains autres, avec leurs balivernes et absurdités, font rire tout le monde, chaque jour, tous les matins et soirs. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    12 h 06, le 11 janvier 2012

  • André,arrête...c'est M. Nasrallah qui l'a dit lui-même il y a moins de dix jours!Assume au moins!

    GEDEON Christian

    06 h 50, le 11 janvier 2012

  • Seul la déconfessionnalisation du pays pourra éviter ce genre de partage, il est urgent d'oeuvrer dans ce sens. Mais que si ma foi, on y arrive pas, une question toute simple, il ne sera plus jamais question de mettre dans le même sac tous les musulmans du pays. Ne voyez pas d'esprit de division, mais avec du recul, les chrétiens seront supportés par l'occident sans réseve, les sunnites par les bensaoud/qatar/Turquie sans réserve, et que restera t'il aux chiites ? Ne me répondez pas tous l'Iran, étant donné que cela lui sera interdit.

    Jaber Kamel

    05 h 33, le 11 janvier 2012

  • On ne sait plus quelles questions soulever dans ce pays en raison des innombrables problèmes auxquels il fait face, et notamment, en ce moment, les grandes répercussions de la situation en Syrie qui s'abattent sur les "têtes brûlées" de tous les côtés. Mais un éclaircissement est nécessaire une fois pour toutes sur cette prétension de modification de l'accord de Taef dans le sens d'une division du pouvoir sur la base de 1/3, 1/3, 1/3. Sur l'invitation du président français, les représentants des forces politiques arrivent en France pour la conférence de Saint-Cloud. L'envoyé spécial du président Sarkozy en Iran, l'ambassadeur Jean-Claude Cousseran, vient juste de rentrer de Téhéran. A la veille de cette conférence et sur sa demande, il a une réunion avec le député Nabil De Freije. "Il tient à l'informer que les iraniens ont soulevé cette question de division du pouvoir au Liban sur la base de trois tiers". Voilà comment a surgi cette question. C'est le député Nabil De Freije qui a déclaré cela, dans les termes cités, au programme "nharkom said" de la LBCI, que ce jour-là j'ai suivi personnellement. Le député De Freije est toujours là et les archives de la LBCI de même. A ma connaissance, le Hezbollah n'a jamais démenti cette information ou est revenu sur cette question.

    Halim Abou Chacra

    03 h 55, le 11 janvier 2012

  • Une fois de plus Jabbour vous êtes a coté de la plaque car votre Nasrallah l'a bien relevé avec justement l'appui de votre général de pacotille a l’époque. Revoyez vos copies! Décidément vous jouez mal votre rôle de des-informateur en continu. Quand aux élections, si elle ont lieu avec honnêteté comme les deux dernières, commencez par vous acheter une loupe pour pouvoir trouver un député Aouniste quelque part dans les couloirs du parlement. Je prévois que même ceux qui se prétendent ses allies aujourd'hui oublieront même son existence en 2013! Vous pouvez oublier cela car moi je vous le rappellerais! Grace a Dieu je ne suis pas atteint d'Alzheimer encore.

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 47, le 11 janvier 2012

  • Le pouvoir n'est-il pas formé de la Présidence de la République, du Gouvernement et du Parlement? Le Président de la République étant maronite, le Chef du Gouvernement, sunnite et du Parlement, chiite, le pouvoir est ainsi partagé entre les trois communautés. A moins que la magistrature suprême ne soit convoitée par les communautés musulmanes, la revendication n'a pas de sens et le problème est fictif. Déjà les prérogatives du Chef de l'Etat ont été réduites. Qu'on arrête donc de lancer des ballons en l'air et remuer les sensibilités politiques!

    Bardawil Michel Charles

    03 h 16, le 11 janvier 2012

  • heureusement que le patriarche maronite appuye par le vatican est solide dans ses convictions et ne se laisse pas embobiner par les machinations des uns et des autres.

    Cma Liban

    01 h 20, le 11 janvier 2012

  • Chassez la nature, elle revient au galop. Le 1/3-1/3-1/3 du Hezbollah (qu'avait accepté le Dhimi Aoun) est le premier pas vers l'élimination des chrétiens de la société libanaise. Il suffira au hezb de remettre au bon moment un Dhimi sunnite au pouvoir (comme c'est le cas actuellement) pour avoir les DEUX TIERS (car 1/3 + 1/3 = 2/3 quelles que soient les confessions) . Ensuite Mr Nasrallah pourra emailer à Ahmadinejad et lui dire : mission accomplie, chef ! C'est au nom de l'islam que Denver Pacha et Talaat Pacha ont envoyé leurs Kurdes de service massacrer leur million et demi de chrétiens arméniens . La fête continue, mais démocratiquement cette fois. Passer le message au Général .

    Saleh Issal

    00 h 40, le 11 janvier 2012

  • - - Avec tout le respect que je vous doit monsieur Philippe Abi-Akl , votre article ne se justifie pas , puisque le Hezb , je dis bien le Hezb , ne s'est jamais , mais jamais prononcé dans le sens indiqué par vous , le tiers , mais au contraire , il a et à plusieurs reprises par la voix de son chef , confirmé son attachement , non pas à Taef ! mais à la parité Islamo-Chrétienne de 50/50 ! Le Sayyed est le seul , je dis bien le seul , qui puisse s'exprimer sur des sujets aussi sensibles , et c'est bien LUI qui refuse de toucher à cette parité ! Vous ne pensez même pas que son allié principal accepterai une telle chose , lui qui est à l'origine des réclamations des prérogatives du chef de l'état , qui a enfin été rejoint pour cela , par Bkérké la sainte , et Baabda la consensuelle .. Garder ce genre d'articles pour les législatives , ça pourrai peut-être , je dis bien peut-être , donner une ou deux voix en plus , à vos amis qui en auront besoin .

    JABBOUR André

    00 h 05, le 11 janvier 2012

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