Les attaques, qui n’auraient pas fait de blessé, ont été revendiquées par Boko Haram. Ce groupe lié à el-Qaëda s’est vu attribuer des centaines de morts dans des attentats ces derniers mois, sur fond de violences religieuses et ethniques dans le nord. « Nous sommes responsables des attentats à la bombe à Damaturu et Maiduguri. C’est une réponse à la fin de l’ultimatum que nous avons donné aux chrétiens pour qu’ils quittent le nord », a ainsi déclaré Abul Qaqa, qui s’exprime souvent au nom de la secte islamiste. Rappelons que les autorités ont attribué à Boko Haram la vague d’attaques contre des chrétiens et des militaires le jour de Noël. 49 personnes sont mortes dans des explosions visant en particulier des églises, dans le centre et le nord-est, et qui ont été revendiquées par la secte elle-même.
Signalons que ces attaques sont les premiers incidents enregistrés depuis la fin de l’ultimatum de Boko Haram, qui a donné trois jours dimanche soir aux chrétiens pour quitter le nord du Nigeria, à majorité musulmane. Abul Qaqa avait aussi prévenu que la secte combattrait les troupes gouvernementales dans les zones où l’état d’urgence a été décrété ce week-end par le président nigérian Goodluck Jonathan après la récente vague d’attentats. Les autorités avaient indiqué ne pas prendre au sérieux ces menaces mais avoir tout de même pris des mesures préventives.
Notons que le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants dont à peu près autant de musulmans, majoritaires dans le nord, que de chrétiens, plus nombreux dans le sud. Des représentants chrétiens du nord ont menacé de se défendre ou de répondre en cas de nouvelles attaques. Les évêques catholiques avaient demandé samedi au président Jonathan de faire appel à des experts étrangers pour combattre Boko Haram.
Ces violences interviennent alors que le pays est en proie à une forte contestation suite à l’annonce dimanche par le gouvernement de la fin des subventions sur les carburants – une mesure qui a entraîné une hausse en flèche des prix à la pompe, le litre d’essence passant dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro). Plusieurs manifestations contre la hausse des prix de l’essence ont eu lieu depuis lundi, notamment à Lagos, Abuja et Kano, où elles ont été pour la plupart dispersées par la police, parfois violemment, à la matraque et aux gaz lacrymogènes, comme à Kano dans la nuit de mercredi à jeudi, selon des syndicats.
(Source : AFP)


C'est faux il n'y a aucun silence....
03 h 49, le 08 janvier 2012