Hosni Moubarak a une nouvelle fois comparu, hier, allongé sur une civière en raison de son état de santé. Photo AFP
M. Moubarak, en détention préventive dans un hôpital militaire de la banlieue du Caire, a une nouvelle fois comparu allongé sur une civière en raison de son état de santé. Il est le premier dirigeant victime de la vague de soulèvements populaires du printemps arabe à comparaître en personne devant la justice. Le raïs déchu est jugé depuis le 3 août par un tribunal installé dans les locaux d’une école de police de la périphérie du Caire, au milieu d’un important dispositif de sécurité. Il est accusé d’avoir donné des instructions d’ouvrir le feu lors de la répression du soulèvement contre son régime début 2011, qui a fait officiellement quelque 850 morts, ou de n’avoir rien fait pour empêcher ces tirs. M. Moubarak a dès le début du procès plaidé non coupable. Son ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six de ses proches collaborateurs de l’époque sont jugés pour ces mêmes accusations.
Un autre procureur, Moustafa Souleimane, a insisté sur le fait que M. Moubarak « devait assumer la responsabilité légale et politique de ce qui s’est passé ». « Le président de la République est responsable de la protection du peuple, la question n’est pas seulement de savoir s’il a donné ou non des instructions de tuer les manifestants, mais au-delà de ça de savoir pourquoi il n’est pas intervenu pour arrêter la violence contre ces manifestants », a-t-il déclaré. « M. Moubarak savait parfaitement ce qui se passait, mais il n’a rien fait », a-t-il ajouté. Le procureur a également souligné que le ministre de l’Intérieur de l’époque « ne pouvait pas donner des ordres de tirer sur les manifestants sans avoir obtenu des instructions de M. Moubarak ». Le procureur Souleimane avait estimé mercredi disposer de preuves solides de l’implication de Hosni Moubarak dans le meurtre de manifestants et dénoncé le manque de coopération « délibéré » des nouvelles autorités avec l’accusation. Mardi, il avait décrit M. Moubarak comme « un dirigeant tyrannique » qui a « répandu la corruption » et « ruiné le pays sans rendre de comptes ».
Ce procès ainsi qu’un châtiment exemplaire sont réclamés avec force par les familles des victimes de la répression du début 2011 ainsi que par les mouvements qui ont participé au soulèvement. De nombreux témoignages de policiers à la barre sont toutefois allés dans un sens globalement favorable à M. Moubarak, amenant les parties civiles à protester contre un procès qualifié de « à décharge » et à mettre en cause l’impartialité du président de la cour, le juge Ahmad Rafaat.
Ce développement judiciaire survient alors que l’Égypte est engagée dans la dernière phase des élections de ses premiers députés de l’ère post-Moubarak.
(Source : AFP)


C'est un minimum pour ce criminel. Il devrait l'être aussi pour avoir éconduit Yasser Arafat, pour avoir fermé avec insolence le passage en Gaza et l'Egypte lors des bombardement inhumain sur cette dernière et dans une moindre raison celle d'avoir un proche allié des Hariri, des Siniora et des Geagea.
09 h 13, le 07 janvier 2012