Ces déclarations marquent l’échec de la stratégie de Hamid Karzaï, qui s’était auparavant déclaré à plusieurs reprises opposé à l’ouverture d’un bureau taliban hors de son pays. Avant cela, il avait tenté de prendre directement contact avec les insurgés, notamment en créant le Haut Conseil pour la paix (HCP). Mais son négociateur en chef et chef du HCP, l’ex-président Burhanuddin Rabbani, avait été assassiné mi-septembre par un prétendu émissaire taliban.
Dans le même temps, les Américains, pressés par les échéances de retrait programmé des troupes de l’OTAN, ont redoublé d’efforts pour établir le contact avec des représentants talibans, ce qu’ils ont fait ces derniers mois.
« Nous sommes d’accord avec le fait que les talibans ont besoin d’une adresse, mais nous préférerions qu’elle soit en Afghanistan », a réagi un membre du HCP, Esmael Qasimyar, traduisant la déception de Kaboul, qui craint de ne pas avoir son mot à dire sur de futures négociations de paix. Côté pakistanais, un haut responsable gouvernemental a souligné sous le couvert de l’anonymat que « toute initiative de paix devait être menée et maîtrisée par les Afghans », suggérant qu’Islamabad n’est pas non plus satisfaite par la solution de négociations bilatérales entre Américains et talibans.
Mardi, en même temps que les talibans déclaraient envisager des négociations, ils revendiquaient un attentat-suicide fatal à cinq personnes, dont quatre enfants, dans leur ancien fief de Kandahar. Dans la même journée, un deuxième attentat-suicide y faisait dix autres morts.
(Source : AFP)

