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Moyen Orient et Monde - Transition

L’Égypte entre élections qui se terminent et procès qui reprend

Hosni Moubarak, 83 ans, recouvert d’une couverture, a été transporté dans la salle du tribunal allongé sur une civière, comme lors des précédentes audiences. Photo AFP

L’Égypte est sur le point de terminer le long processus des premières élections post-Moubarak.
Depuis hier, et jusqu’à ce soir, sont ainsi appelés aux urnes les électeurs de la troisième circonscription égyptienne, qui comprend neuf gouvernorats du Sinaï, du delta et de la vallée du Nil, ainsi que des oasis du Sud-Ouest. Les 15 millions d’électeurs sur les 50 millions d’inscrits ne devraient cependant pas renverser la tendance déjà engagée, qui avait donné environ 65 % des suffrages aux islamistes, Ikhwans et salafistes en tête. Sans oublier que l’élection des députés doit être suivie à partir du 29 janvier et jusqu’au 22 février de celle de la Chambre haute consultative du Parlement, la Choura. Ensuite, le Parlement devra désigner une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution, sachant que les militaires ont promis de remettre les rênes du pays à un pouvoir civil après l’élection présidentielle censée se dérouler avant fin juin.
Aucun incident majeur n’a émaillé ce « troisième tour ». Il n’empêche, l’affaire des bureaux d’ONG perquisitionnés la semaine dernière, accusées par Le Caire de recevoir des fonds « illégaux » de l’extérieur, continue de semer la zizanie. Hier, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a une nouvelle fois fortement réagi : il a envoyé un émissaire en Égypte et « attend clairement que les entraves au travail de la Fondation Konrad-Adenauer soient levées immédiatement ». Même chose pour les États-Unis, qui ont jugé « inacceptable » que les autorités égyptiennes poursuivent leur répression contre ces ONG, dont certaines sont américaines. « Nous avons reçu l’assurance de responsables du gouvernement égyptien que cette question serait résolue... Il est franchement inacceptable pour nous que cette situation ne soit pas revenue à la normale », a ainsi affirmé la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland.
Signalons par ailleurs que quatre militants du Mouvement du 6-Avril ont été arrêtés hier pour distribution de tracts et collages d’affiches appelant à un rassemblement marquant le 1er anniversaire du soulèvement le 25 janvier.

« Un dirigeant tyrannique »
Sur un autre plan, le procès de Hosni Moubarak a repris hier avec l’audition très attendue de l’accusation. Âgé de 83 ans et souffrant, le raïs déchu a été transporté dans la salle du tribunal allongé sur une civière, comme lors des précédentes audiences. Il est jugé pour son implication présumée dans la répression de la révolte qui a fait officiellement quelque 850 morts. Ainsi, il est passible de la peine de mort s’il est reconnu coupable d’avoir donné l’ordre de tirer sur la foule durant les événements.
L’ancien chef d’État, qui a régné pendant trois décennies sur l’Égypte, était « un dirigeant tyrannique qui a cherché à céder le pouvoir à son fils cadet Gamal », a déclaré le procureur Moustafa Souleimane. M. Moubarak « a répandu la corruption, ouvert la porte à ses amis et ses proches, et a ruiné le pays sans rendre de comptes », a-t-il poursuivi devant la cour. Le président de la cour, Ahmad Refaat, a ajourné le procès à aujourd’hui, où l’accusation doit poursuivre ses arguments jusqu’à demain.
L’Égypte est sur le point de terminer le long processus des premières élections post-Moubarak.Depuis hier, et jusqu’à ce soir, sont ainsi appelés aux urnes les électeurs de la troisième circonscription égyptienne, qui comprend neuf gouvernorats du Sinaï, du delta et de la vallée du Nil, ainsi que des oasis du Sud-Ouest. Les 15 millions d’électeurs sur les 50 millions d’inscrits ne devraient cependant pas renverser la tendance déjà engagée, qui avait donné environ 65 % des suffrages aux islamistes, Ikhwans et salafistes en tête. Sans oublier que l’élection des députés doit être suivie à partir du 29 janvier et jusqu’au 22 février de celle de la Chambre haute consultative du Parlement, la Choura. Ensuite, le Parlement devra désigner une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution, sachant...
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