« Il s’agit d’un développement positif. C’est la première fois depuis longtemps que les Palestiniens sont disposés à venir parler avec nous directement sans conditions préalables », s’est félicité le vice-Premier ministre israélien Dan Méridor, tout en répétant que cette rencontre exploratoire, également applaudie par la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, ne constituait pas un retour à la table des négociations, et précisant qu’Israël ne dévoilerait ses positions que dans le cadre de discussions directes. L’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas avait également averti dès dimanche que cette réunion, sous l’égide de la Jordanie, dans le cadre des efforts du quartette pour le Proche-Orient ((États-Unis, Russie, Union européenne et ONU), ne signifiait pas une relance du processus de paix.
Le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Jawdeh accueillera de ce fait les représentants du quartette et les négociateurs israélien et palestinien, Yitzhak Molcho et Saëb Erakat, dans un centre de conférence au bord de la mer Morte.
La réunion de la mer Morte a néanmoins fait grincer des dents au sein de certains mouvements palestiniens. Les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont demandé à l’Autorité palestinienne de boycotter la rencontre avec l’émissaire israélien, et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste) a qualifié l’initiative d’ « erreur fatale » qui sert « l’occupation (israélienne) et le quartette ».
Aucune percée spectaculaire n’est donc attendue aujourd’hui dans la mesure où les Palestiniens continuent de réclamer un gel complet de la colonisation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée pour reprendre les discussions, ce que refuse Israël.
De même, les Palestiniens réclament des « termes de référence » pour ces négociations basés sur les frontières de juin 1967, soit avant l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est. Mais M. Netanyahu a d’ores et déjà refusé de discuter sur la base des lignes d’armistice de 1967.
Mahmoud Abbas a mis en garde le quartette contre l’échec du processus de paix, si ce dernier ne parvenait pas à relancer les négociations d’ici au 26 janvier. Le quartette a demandé aux Israéliens et aux Palestiniens de présenter avant cette date des propositions détaillées en vue d’un règlement de paix. Les négociateurs palestiniens disent avoir « répondu positivement » en divulguant leurs positions et reprochent à Israël de ne pas en faire autant.
(Source : AFP)

