De hauts responsables irakiens ont accusé le Premier ministre, Nouri al-Maliki, d’essayer d’établir une nouvelle dictature qui risque de plonger le pays dans une guerre civile, quelques jours après le départ des troupes américaines. Dans une tribune publiée hier dans le New York Times, Iyad Allaoui, Ossama al-Noujaifi et Rafi al-Issaoui, leaders du bloc parlementaire Iraqiya, accusent M. Maliki, un chiite, d’utiliser les forces de police et le système judiciaire pour harceler l’opposition, principalement sunnite. « Tant de soldats américains se sont battus pour une vraie démocratie » et pour un État non fondé sur des bases religieuses, écrivent-ils. « Mais l’Irak évolue dans la direction opposée, vers une autocratie sectaire qui porte en elle la menace d’une guerre civile dévastatrice. » L’Irak est empêtré dans une crise politique depuis le départ il y a quelques jours des derniers soldats américains. Le gouvernement a récemment lancé un mandat d’arrêt à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, qui s’est réfugié dans la région autonome du Kurdistan. Il est notamment accusé d’avoir orchestré des attentats et des assassinats dans le pays. Les chefs d’Iraqiya estiment être « assiégés » par M. Maliki, qui agit « avec la bénédiction d’un système judiciaire et policier politisé qui est quasiment devenu un prolongement de son pouvoir personnel ». Ils accusent M. Maliki de violer l’accord de partage du pouvoir obtenu l’année dernière pour la création d’un gouvernement d’union nationale. Le soutien envers Iraqiya, vainqueur de justesse des élections de mars 2010, est considéré comme essentiel pour prévenir une explosion de violences dans le pays. La minorité sunnite, dont faisait partie Saddam Hussein, constituait le terreau de la rébellion contre les Américains après l’invasion de 2003. Dans leur tribune, les leaders d’Iraqiya demandent également aux États-Unis de ne soutenir M. Maliki qu’à la condition qu’il respecte l’accord de partage du pouvoir et qu’il « dissolve les institutions anticonstitutionnelles grâce auxquelles il gouverne ». « Nous sommes heureux que vos courageux soldats (américains) aient pu rentrer à la maison pour les fêtes et nous leur souhaitons paix et bonheur », écrivent-ils. « Cependant, l’Irak se trouve au bord du gouffre et nous souhaiterions que les dirigeants américains comprennent que le soutien inconditionnel envers M. Maliki mène l’Irak à la guerre civile », ajoutent-ils, concluant : « À moins que les États-Unis n’agissent rapidement pour aider à créer un gouvernement d’union nationale, l’Irak est condamné. » En outre, M. Allaoui a posé comme condition à sa participation à une conférence de sortie de crise une liste de revendications. « Toutes les options sont ouvertes », y compris l’organisation de nouvelles élections et la possibilité pour un nouveau candidat de devenir Premier ministre, a-t-il indiqué. (Source : agences)
De hauts responsables irakiens ont accusé le Premier ministre, Nouri al-Maliki, d’essayer d’établir une nouvelle dictature qui risque de plonger le pays dans une guerre civile, quelques jours après le départ des troupes américaines. Dans une tribune publiée hier dans le New York Times, Iyad Allaoui, Ossama al-Noujaifi et Rafi al-Issaoui, leaders du bloc parlementaire Iraqiya, accusent M. Maliki, un chiite, d’utiliser les forces de police et le système judiciaire pour harceler l’opposition, principalement sunnite. « Tant de soldats américains se sont battus pour une vraie démocratie » et pour un État non fondé sur des bases religieuses, écrivent-ils. « Mais l’Irak évolue dans la direction opposée, vers une autocratie sectaire qui porte en elle la menace d’une guerre civile dévastatrice. »L’Irak est...
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