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Moyen Orient et Monde - Nigeria

Attaque d’une école coranique après les attentats de Noël

Plus de 90 000 déplacés dans le nord-est du pays en raison de violences interconfessionnelles.
Sept personnes ont été blessées dans l’attaque d’une école coranique du Nigeria au moment où des attentats revendiqués par des islamistes et visant des églises le jour de Noël font craindre une escalade des violences interconfessionnelles.
De jeunes enfants qui étudient l’arabe et le Coran ont été blessés en classe par l’explosion d’une bombe artisanale de faible puissance jetée contre un petit établissement du delta du Niger, dans le Sud, a indiqué hier la police. Six enfants âgés de 5 à 8 ans et un adulte ont été blessés et hospitalisés. L’explosif a été jeté depuis une voiture en marche qui n’a pas été identifiée et personne n’a été arrêté, toujours selon la même source. L’attaque n’a pas été revendiquée. Si les violences dans la région du delta sont fréquentes, elles ont généralement visé le secteur pétrolier et n’ont jusqu’à présent pas eu de caractère religieux.
Cette attaque survient après une vague d’attentats meurtriers dimanche, jour de Noël, visant notamment des églises à la sortie de la messe de la nativité. Plus de 40 personnes avaient été tuées dans ces explosions qui ont secoué plusieurs villes du Nord et du centre, la plus meurtrière, devant une église catholique de Madalla, près de la capitale Abuja, faisant 35 morts.
Dans un hôpital d’Abuja, des survivants de Madalla attendaient toujours de recevoir des soins, certains grièvement brûlés. Esther Ibu, la trentaine, assise dans un fauteuil roulant, a été propulsée à terre par l’explosion. « En un instant, j’ai commencé à voir des cadavres, des gens réduits en cendres », dit-elle en pleurant.
Les attentats ont été attribués par les autorités à la secte islamiste Boko Haram, un mouvement violent qui prône la création d’un État islamique au Nigeria, et le groupe a lui-même revendiqué ces attaques. Le fait que des églises aient été prises pour cibles le jour de Noël fait donc craindre des représailles et des violences entre musulmans et chrétiens.
Pays le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants, le Nigeria compte environ autant de musulmans, majoritaires dans le Nord, que de chrétiens, plus nombreux dans le Sud. Mardi, le président Goodluck Jonathan s’est d’ailleurs entretenu avec le plus haut responsable musulman du pays qui a tenté de rassurer la population. « Je veux assurer tous les Nigérians qu’il n’y a aucun conflit entre les musulmans et les chrétiens, entre l’islam et la chrétienté », a déclaré le sultan de Sokoto, Mohammad Saad Abubakar. Le conseiller national pour la sécurité, Owoye Azazi, a de son côté appelé les chrétiens à ne pas se venger.
Des dignitaires chrétiens ont de plus pressé les autorités d’intervenir pour prévenir une escalade des violences commises par Boko Haram. Le gouvernement s’est jusqu’à présent montré incapable d’empêcher la secte de multiplier des actions de plus en plus fréquentes et meurtrières. Dans le Nord, un responsable chrétien a mis en garde contre une « guerre de religion » et appelé ses fidèles à ne pas commettre de représailles.
Les dirigeants des églises pentecôtistes du Nigeria ont averti hier dans un communiqué que leurs fidèles se défendraient eux-mêmes si les autorités ne les protégeaient pas contre des violences comme les attentats de Noël contre des églises, revendiqués par la secte Boko Haram. « Ces destructions aveugles de vies et de biens par ce groupe terroriste sont sans fin », ont estimé les églises pentecôtistes dans le communiqué.
Ce groupement, le Pentecostal Fellowship of Nigeria, affirme compter des millions de membres dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Interrogé, l’un des responsables du rassemblement a cependant précisé qu’il n’encourageait pas le recours à la violence.
Quelque 90 000 personnes ont par ailleurs fui des violences à Damaturu dans le Nord-Est tandis que les autorités tentent de calmer les tensions et rassurer la population, a indiqué hier Ibrahim Farinloye, un responsable de l’agence nationale des services de secours. Il s’agit en majorité de musulmans, mais également de chrétiens. Sur ces 90 000 personnes, « quelque 40 000 viennent de la zone de Pompomari, qui est entièrement déserte. Certains déplacés ont perdu leurs habitations, d’autres ont fui pour des raisons de sécurité », a ajouté le responsable. « Nous avons conseillé aux déplacés de ne pas aller dans un camp temporaire pour des raisons de sécurité, la majorité d’entre eux ont trouvé refuge chez des amis et des proches dans la ville et les villages voisins », a-t-il précisé.
La ville de Damaturu a été le théâtre de violences meurtrières la semaine dernière. Des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram ont lancé des attaques, suivies d’une violente répression des forces de sécurité. Selon une organisation de défense des droits de l’homme et une source policière, jusqu’à 100 personnes auraient trouvé la mort dans ces affrontements.
(Source : AFP)
Sept personnes ont été blessées dans l’attaque d’une école coranique du Nigeria au moment où des attentats revendiqués par des islamistes et visant des églises le jour de Noël font craindre une escalade des violences interconfessionnelles.De jeunes enfants qui étudient l’arabe et le Coran ont été blessés en classe par l’explosion d’une bombe artisanale de faible puissance jetée contre un petit établissement du delta du Niger, dans le Sud, a indiqué hier la police. Six enfants âgés de 5 à 8 ans et un adulte ont été blessés et hospitalisés. L’explosif a été jeté depuis une voiture en marche qui n’a pas été identifiée et personne n’a été arrêté, toujours selon la même source. L’attaque n’a pas été revendiquée. Si les violences dans la région du delta sont fréquentes, elles ont...
commentaires (2)

Même comme revanche, malgré les attenats et les morts des chrétriens attaqués en plein Noël, cette contre-attaque est tout aussi condamnable. Espérons que prêtres et Ulémas calmeront les esprits sans aucun retard. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

02 h 31, le 29 décembre 2011

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Commentaires (2)

  • Même comme revanche, malgré les attenats et les morts des chrétriens attaqués en plein Noël, cette contre-attaque est tout aussi condamnable. Espérons que prêtres et Ulémas calmeront les esprits sans aucun retard. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    02 h 31, le 29 décembre 2011

  • 6 blessés contre 35 morts et cent soixante dix blessés...no comment...elle ne sert à rien,cette attaque,sinon à aggraver la situation.

    GEDEON Christian

    18 h 30, le 28 décembre 2011

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