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Carlo Ancelotti, trois hommes et un coach

OLJ
29/12/2011 | 23h49
Devenu entraîneur à 33 ans, le coach du Paris SG a preque tout connu dans sa carrière. Référence parmi les références de la profession, il a construit sa méthode au contact de Nils Liedholm, Sven-Goran Eriksson et Arrigo Sacchi, ses anciens professeurs à Rome et à l’AC Milan.
Double vainqueur de la Ligue des champions en tant qu’entraîneur (2003, 2007), l’homme qui va prendre place sur le banc du Paris-SG dans les heures qui viennent est une référence européenne de la profession. Devenu coach de football sans transition au sortir de sa carrière de joueur, en 1992, il a façonné son savoir-faire à force d’un minutieux travail dans tous les domaines que n’avait pas cultivés sa carrière de joueur (préparation physique et mentale), mais aussi sous l’influence de trois techniciens qui ont été à la base de sa pratique du métier.

Arrigo Sacchi : l’autorité morale
Arrigo Sacchi, père de la révolution milanaise au carrefour des années 80 et 90, a eu une influence décisive sur la carrière de Carlo Ancelotti. Avec lui, Ancelotti, milieu de terrain de devoir, se trouve plongé dès 1987 au cœur de la réflexion tactique qui va bouleverser l’Europe du football jusqu’à aujourd’hui. « Sa grande innovation a été le pressing, ce pressing organisé que l’on avait jamais vu auparavant, se souvient-il. L’équipe effectuait un pressing beaucoup plus haut dans le camp de l’adversaire, qui partait de l’attaquant. » Sacchi est aussi l’homme qui lui a mis le pied à l’étrier dans la profession en faisant de lui son adjoint dès 1992 auprès de la sélection italienne et jusqu’à la finale de la Coupe du monde 1994. Sa mission : « Gérer les entraînements et superviser les adversaires ». De cette expérience, Ancelotti a retenu un bagage sans faille sur la connaissance des organisations et des principes de jeu, mais aussi l’idée que son équipe devait avoir sa propre manière de jouer et ne jamais en dévier. Cela lui a coûté des débuts très difficiles avec son premier club, la Reggina (série B), qui ont été très proches de lui valoir un licenciement au bout de sept matches à l’automne 1995 car ses nouvelles méthodes n’étaient pas digérées.

Nils Liedholm, comme un papa
Carlo Ancelotti le considère encore comme « l’entraîneur idéal ». Il fut très proche de lui au tout début de sa carrière de joueur. Ce n’est pas à Milan, où le Suédois a précédé Sacchi sur le banc entre 1984 et 1987, mais à Rome, entre 1979 et 1984, que le jeune Ancelotti a côtoyé ce grand Mister du championnat italien, disparu en 2007. C’est chez l’expérimenté finaliste de la Coupe du monde 1958 (comme joueur) que le futur entraîneur du PSG aura puisé une forte inspiration sur son style de management. « C’était un excellent enseignant. Il était toujours très patient, très calme, posé » se souvient Ancelotti. Si une chose distingue aujourd’hui encore Ancelotti des autres pontes du football européen de sa catégorie, c’est cette réputation de coach placide et à l’humeur constante, toujours rassurant, lucide dans la défaite, apaisant dans la victoire, sans égal pour créer avec ses subordonnés un climat de complicité durable. « Il nous aimait et on l’aimait, décrivait Vikash Dhorasoo il y a quelques jours. Je ne suis pas autoritaire, reconnaît Ancelotti. Je suis cool dans ma gestion des joueurs. Je leur donne beaucoup de liberté. (...) Je parle beaucoup avec eux et cherche à les impliquer dans la préparation des entraînements. »

Sven Goran Ericsson : la zone et le 4-4-2
Carlo Ancelotti a fait la connaissance de Sven Goran Eriksson en 1984, après la défaite de l’AS Roma en finale de la Coupe des champions qui avait conduit le club de la capitale italienne à offrir à cet étonnant Suédois les rênes de son équipe. Eriksson, jeune trentenaire, commençait à intriguer l’Europe après son succès en Coupe des Coupes avec le modeste IFK Göteborg en 1982 suivi d’une finale en 1983 avec le Benfica.
À son contact, Ancelotti cultive son goût pour la zone à une époque où l’individuelle est encore très présente au plus haut niveau international. Dans un style décrit comme très britannique, Ancelotti prend aussi goût au 4-4-2 avec quatre milieux à plat dont il fera sa religion jusqu’à son passage à la Juventus en 1999. Avec Parme, qu’il conduit à la deuxième place de la série A en 1997, il s’oppose à ses dirigeants en refusant l’arrivée de Roberto Baggio pour de simples raisons tactiques. Aussi talentueux que soit l’ex-Ballon d’or, Ancelotti ne veut personne derrière l’attaquant. L’Italien attendra de travailler avec Zidane à Turin, entre 1999 et 2001, pour changer d’approche et élargir sa palette tactique. Aujourd’hui, le PSG peut s’attendre à toutes les hypothèses : 4-4-2 classique, 4-2-3-1 ou 4-3-2-1 milanais, voire 4-3-3 en mode « Chelsea ». Ancelotti digère toutes les orientations du football européen depuis un quart de siècle.

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