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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’opposition syrienne appelle le Conseil de sécurité à adopter le plan arabe

Massacres à Bab Amro et Douma avant l’arrivée des observateurs arabes ; le régime durcit la répression : au moins 61 tués hier.

Cette photo tirée d’une vidéo YouTube montre les corps de deux civils tués à Homs.

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition à Bachar el-Assad, a demandé hier au Conseil de sécurité de l’ONU « d’adopter » le plan de la Ligue arabe sur la Syrie, estimant que celle-ci n’avait « pas les moyens de le faire appliquer ». S’il est adopté par l’ONU, « cela lui donnera plus de force », a-t-il estimé, soulignant que jusque-là « le gouvernement syrien n’a pas respecté ses engagements ».
Le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoit l’arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse. Damas avait accepté ce plan le 2 novembre tout en continuant de réprimer dans le sang la révolte entamée mi-mars contre le régime du président Bachar el-Assad. Une première délégation d’environ 50 experts civils et militaires arabes est arrivée hier soir en Syrie. Une première équipe de la Ligue était arrivée jeudi à Damas pour préparer la mission. Le premier groupe d’observateurs sera divisé en cinq équipes de dix qui, outre à Homs, se rendront dès aujourd’hui à Damas, Hama et Idleb, puis iront demain à Qamechli, Tartous, Banias et Deir ez-Zor.
« Les observateurs travaillent dans des conditions que la Ligue arabe dit ne pas être bonnes (...). Je pense qu’on a mal négocié peut-être les conditions de travail des observateurs », a poursuivi M. Ghalioun. « Certains observateurs sont arrivés a Homs », troisième ville du pays située à 160 km de Damas et bastion de l’opposition, où les forces syriennes ont lancé une opération majeure contre plusieurs quartiers, a-t-il poursuivi. Mais lors de contacts téléphoniques avec ces observateurs, ils nous ont dit “on ne nous donne pas les moyens logistiques pour aller à Bab Amro” (...). Ils ont déclaré qu’ils ne peuvent pas aller là où les autorités ne veulent pas qu’ils aillent », a-t-il dit. « Nous demandons à la Ligue arabe d’intervenir pour dénoncer ce comportement, aux dirigeants arabes d’intervenir auprès du régime pour arrêter les massacres, aux Nations unies, au secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-moon) et aux dirigeants européens d’intervenir pour dire : “Il faut mettre un terme à cette tragédie” », a-t-il insisté.
Plus encore, un membre de la mission des observateurs a qualifié la répression du régime du président Bachar el-Assad contre les manifestants de « génocide ». « Le régime se venge du peuple », a affirmé l’Égyptien Moustachar Mahjoub, dans un entretien accordé à la chaîne al-Arabiya.
La France a de son côté demandé aux autorités syriennes de permettre aux observateurs de se rendre à Homs. « Alors que la répression n’a fait que s’accentuer (...), les autorités de Damas doivent impérativement permettre (...) l’accès dès cet après-midi des observateurs à la ville de Homs, où les violences sont particulièrement sanglantes », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.
Sur le terrain, les forces syriennes ont lancé une offensive militaire majeure contre plusieurs quartiers de Homs, bastion de l’opposition au régime, à quelques heures de l’arrivée des observateurs arabes. « Des tirs d’obus et de mitrailleuses lourdes contre le quartier de Bab Amro ont fait lundi (hier) matin 15 morts et des dizaines de blessés. La situation est effrayante et le pilonnage est plus intense que les trois derniers jours », a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Sept civils ont péri à Homs, selon la même source qui cite des militants sur place, et une femme a été tuée à Talbissé, près de Homs. « Bab Amro est pilonné par l’artillerie lourde et des mitrailleuses antiaériennes », ont rapporté les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain.
L’OSDH, basé au Royaume-Uni, a de plus demandé au secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, « d’intervenir immédiatement » pour empêcher un assaut contre l’hôpital al-Hikma, situé aux abords de Bab Amro, et « l’arrestation des blessés qui s’y trouvent ».
Dimanche, le CNS avait annoncé que le quartier de Bab Amro était « assiégé et sous la menace d’une invasion militaire de la part d’une force estimée à 4 000 soldats », après trois jours de bombardement continu. De plus, les forces de l’ordre « ont changé les poteaux indicateurs des noms des lieux » dans des régions de Jabal el-Zaouia, dans la province d’Idleb, afin d’induire les observateurs en erreur, a affirmé l’OSDH, demandant aux experts arabes de prendre contact directement « avec les militants des droits de l’homme sur le terrain ».
Plus au nord, trois civils, dont un adolescent, ont été tués dans la province de Hama quand les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants à Khattab, et un jeune homme de 17 ans a été tué par les tirs de l’armée à Saraqeb, dans la région d’Idleb. Toujours dans cette région, quatre militaires insoumis ont été tués lors d’affrontements avec l’armée régulière dans le village al-Younsié, près de la frontière turque, a rapporté l’OSDH. Des explosions ont également résonné à Douma, près de Damas, alors que des affrontements entre militaires dissidents et soldats avaient lieu en fin d’après-midi dans l’un des quartiers de cette ville, à 20 km de la capitale. Des militants ont d’ailleurs dénoncé un massacre dans cette ville, alors que l’aviation militaire cherchait à bombarder des groupuscules de militaires dissidents présents sur le terrain. Selon la chaîne al Arabiya, le bilan de la répression aurait atteint au moins 61 morts hier.

(Sources : agences et rédaction)
Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition à Bachar el-Assad, a demandé hier au Conseil de sécurité de l’ONU « d’adopter » le plan de la Ligue arabe sur la Syrie, estimant que celle-ci n’avait « pas les moyens de le faire appliquer ». S’il est adopté par l’ONU, « cela lui donnera plus de force », a-t-il estimé, soulignant que jusque-là « le gouvernement syrien n’a pas respecté ses engagements ».Le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoit l’arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse. Damas avait accepté ce plan le 2 novembre tout en continuant de réprimer dans le sang la révolte entamée mi-mars contre le régime du président Bachar...
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