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Bahreïn

Des médecins chiites racontent les « horreurs » de leur détention

Ils ont été condamnés fin septembre par un tribunal d’exception à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison.

Des manifestations ont eu lieu hier dans une banlieue de Manama. Hamad I Mohammed/

Des médecins chiites bahreïnis, libérés sous caution en attendant d’être rejugés pour des liens avec la contestation du régime, ne peuvent retenir leurs larmes lorsqu’ils rappellent leurs mois « de torture ». Arrêtés dans la foulée de la répression de la révolte de février/mars animée par des chiites, majoritaires dans le pays dirigé par une dynastie sunnite, ces 20 professionnels de la santé sont accusés d’occupation du complexe hospitalier Salmaniya à Manama et de possession d’armes. Ils ont été condamnés fin septembre par un tribunal d’exception à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison, mais ils doivent être rejugés par un tribunal civil.


« Rappelle-toi comment ils nous forçaient à nous boucher le nez et à chanter : Pacifique, pacifique ! » le slogan des manifestations brutalement réprimées à la mi-mars par les autorités, dit le pédiatre Mahmoud Asghar à son collègue Ali Alekri, un chirurgien orthopédiste. L’évocation de ces brimades fait sourire les autres médecins. « Je me souviens aussi lorsque le gardien est venu et a appelé vos noms. J’ai remercié Dieu qu’il n’ait pas cité le mien », dit Ahmad Omrane, un médecin généraliste, à l’adresse de ses anciens compagnons de cellule.


Mais après ces anecdotes racontées sur le ton de la plaisanterie vient le temps des larmes quand ces professionnels de santé évoquent les horreurs vécues en prison. « Je ne peux pas parler », sanglote Nader Dawani en racontant comment il a été forcé de se tenir debout pendant sept jours, tout en étant battu à plusieurs reprises, principalement par une femme officier. « Elle était la plus dure. Elle me frappait avec un tuyau et des bâtons en bois, dont plusieurs se brisaient sur mon dos », ajoute ce frêle pédiatre de 54 ans. « Ils ont essayé de m’enfoncer une bouteille par derrière », raconte-t-il en essuyant ses joues.


Les accusations de torture contre des dizaines de détenus chiites, dont les médecins, ont été confirmées dans un rapport publié en novembre par une commission d’enquête indépendante, selon laquelle cinq prisonniers ont succombé à ces violences. Le roi Hamad ben Issa al-Khalifa a accepté ces conclusions et promis : « Nous ne tolérons pas le mauvais traitement des détenus et des prisonniers. » Pour M. Dawani, les médecins ont été visés parce qu’ils avaient été « témoins des crimes du régime ».


Et les violences n’ont pas cessé. Hier, la police antiémeute, qui tentait de disperser une manifestation, a tiré du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc contre le siège du principal groupe de l’opposition chiite, al-Wefaq, dans une banlieue de Manama, a annoncé ce groupe. Dans un communiqué, le Wefaq précise que « les forces de sécurité ont tiré directement sur les locaux du groupe (...) où étaient réunis plusieurs de ses dirigeants et ses cadres ». Les policiers ont fait « de nombreux blessés (...) dont des enfants », indique le communiqué. « Nous sommes un peuple qui ne plie pas. Cette répression sauvage ne fait que nous confirmer dans notre détermination à poursuivre la lutte pour la défense de nos droits nationaux », a déclaré cheikh Hassan al-Dihi, le secrétaire général adjoint du Wefaq, cité dans le communiqué.


(Source : AFP)


Des médecins chiites bahreïnis, libérés sous caution en attendant d’être rejugés pour des liens avec la contestation du régime, ne peuvent retenir leurs larmes lorsqu’ils rappellent leurs mois « de torture ». Arrêtés dans la foulée de la répression de la révolte de février/mars animée par des chiites, majoritaires dans le pays dirigé par une dynastie sunnite, ces 20...

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Encore un autre tableau qui prouve que les arabes sont de vrais barbares. Nazira.A.Sabbagha

Sabbagha A.Nazira

07 h 44, le 24 décembre 2011

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Commentaires (1)

  • Encore un autre tableau qui prouve que les arabes sont de vrais barbares. Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A.Nazira

    07 h 44, le 24 décembre 2011