Les frappes aériennes de l’OTAN ayant coûté la vie à 24 soldats pakistanais fin novembre ont été provoquées par une « série d’erreurs » et un « déficit de confiance » entre le Pakistan et les forces occidentales, selon l’enquête diligentée par les États-Unis et l’Alliance atlantique. Près d’un mois après cette « bavure » qui avait provoqué l’indignation au Pakistan, l’enquête, dont les résultats ont été annoncés hier, renvoie dos à dos les deux parties. Le drame est dû à « une série d’erreurs commises des deux côtés », au niveau de « la coordination de leurs actions et de leurs localisations, à la fois avant l’opération et au cours de l’engagement », ont affirmé l’OTAN et le Pentagone. L’enquête a montré qu’Islamabad avait manqué d’informer l’OTAN de l’établissement d’un nouveau poste-frontière. Les soldats pakistanais « n’ont pas été pris volontairement pour cible », a insisté l’OTAN. « L’action de nos forces était légitime », conforme aux « Lois du conflit armé et règles d’engagement » internes à l’alliance. Les États-Unis comme l’OTAN ont souligné leur volonté de prendre les mesures adéquates « pour réduire le risque d’une répétition d’incidents similaires à l’avenir ».
L’armée veut évincer Zardari
Par ailleurs, la puissante armée pakistanaise, fatiguée de l’impopulaire président Asif Ali Zardari, veut le voir quitter légalement ses fonctions sans recourir à un coup d’État, caractéristique de l’histoire du pays, a-t-on appris de sources militaires. La tension est montée d’un cran entre le pouvoir civil et les généraux ces dernières semaines, depuis la révélation d’une note qui accusait l’armée de préparer un coup d’État. « Qui n’en a pas assez de Zardari ? Pas seulement l’opposition et l’homme de la rue, mais aussi les membres du gouvernement, a déclaré une source militaire qui a souhaité garder l’anonymat. Mais l’armée ne prépare aucune intervention. Même si nous le voulions, ce serait très impopulaire, pas seulement auprès du gouvernement et de l’opposition, mais aussi auprès de la plupart des Pakistanais. » Le porte-parole de l’armée pakistanaise a décliné tout commentaire. Depuis sa prise de fonctions en 2007 au poste de chef de l’armée, le général Ashfaq Kayani a promis que la troupe n’interviendrait pas dans la politique pakistanaise.
Il n’en reste pas moins que le Premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a haussé le ton vis-à-vis de l’armée hier en dénonçant les « complots » contre son gouvernement. D’ordinaire mesuré, M. Gilani a martelé que l’armée devait être subordonnée au gouvernement, révélant pour la première fois ses craintes d’être renversé par les militaires, qui ont toujours cornaqué le gouvernement civil, quand ils ne gouvernaient pas eux-mêmes, depuis la création du pays.
(Source : agences)
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