Derniers rangements avant le départ. Mario Tama/AFP
Le dernier convoi composé de 110 véhicules transportant environ 500 soldats appartenant en grande majorité à la 3e brigade de la 1re division de cavalerie a traversé la frontière. Il y a huit ans et neuf mois, les forces américaine l’avaient franchie dans l’autre sens lors de l’opération « Iraqi Freedom » (Liberté irakienne) qui devait se révéler être la guerre la plus controversée de l’histoire américaine depuis celle du Vietnam près d’un demi-siècle plus tôt.
Rappelons que l’armée américaine a compté jusqu’à 170 000 hommes au plus fort de la lutte contre l’insurrection et a abandonné 505 bases en Irak. Il ne reste plus dans ce pays que 157 soldats américains chargés d’entraîner les forces irakiennes et un contingent de marines pour protéger l’ambassade à Bagdad. Face au refus de l’Irak d’accorder l’immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.
Les Américains laissent un pays plongé dans une crise politique. S’estimant lésés par le gouvernement à majorité chiite, les sunnites, jadis partisans d’un État centralisé, sont aujourd’hui portés par un mouvement centrifuge à vouloir gérer leurs régions de manière autonome, comme les Kurdes, ce qui comporte un risque d’éclatement du pays. Si l’Irak exporte environ 2,2 millions de b/j, lui rapportant 7 milliards de dollars par mois, les services de base comme la distribution d’électricité et l’eau potable sont toujours défectueux.
Désormais, les 900 000 éléments des forces irakiennes auront la lourde tâche d’assurer seuls la sécurité du pays alors que les insurgés, notamment el-Qaëda, bien qu’affaiblis, peuvent encore faire couler le sang. Ils devront aussi empêcher la résurgence des milices et une réédition d’une guerre confessionnelle entre chiites et sunnites qui avait fait des dizaines de milliers de morts en 2006 et 2007.
Deux autres dangers menacent le pays : la crise en Syrie entre sunnites et alaouites ainsi que l’influence grandissante de l’Iran qui pourrait conduire à des conflits internes.
Ainsi s’achève une invasion lancée sans l’aval de l’ONU pour trouver des armes de destruction massive que Saddam Hussein aurait cachées, selon l’administration américaine dirigée par George W. Bush. Il s’avérera que celles-ci n’existaient pas. Cette occupation en 2003, qui deviendra selon l’ONU à partir de 2005 une « présence étrangère requise par le gouvernement irakien », aura été fort onéreuse. Le Pentagone a ainsi alloué près de 770 milliards de dollars en neuf ans alors que 4 474 soldats sont morts, dont 3 518 tués au combat. Plus de 32 000 militaires américains ont en outre été blessés. Par ailleurs, depuis l’invasion américaine du pays en mars 2003, les pertes civiles s’étaleraient entre 104 035 et 113 680, selon l’organisation britannique IraqBodyCount.org.
(Source : AFP)


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