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Moyen Orient et Monde - Chine

La colère ne retombe pas à Wukan, devenu village symbole

Des milliers de villageois en pleurs se sont retrouvés sur la place principale de Wukan pour participer à une cérémonie à la mémoire de Xue Jinbo, décédé en détention. Photo AFP

Les autorités du sud de la Chine ont exigé la reddition des meneurs de la révolte contre les saisies de terres de tout un village côtier de la province du Guangdong.
En dépit de la censure, le soulèvement de Wukan, devenu un symbole de la lutte contre la corruption du pouvoir local, était suivi de très près sur les sites de microblogs dans le pays. Notons que les forces de sécurité maintiennent depuis plus d’une semaine un blocus de ce village où la colère des 13 000 habitants, qui ont réussi à faire fuir les cadres communistes locaux, ne retombait pas. Des milliers de villageois se sont rassemblés tous les jours depuis le début de la semaine pour demander des réparations après des saisies de terres qu’ils jugent illégales, sujet majeur de troubles sociaux en Chine. Ils veulent aussi récupérer le corps d’un de leurs meneurs, Xue Jinbo, décédé en détention, que les autorités refusent de leur remettre tant que durera le mouvement de contestation.
Wukan est devenu une épine dans le pied du Parti communiste du Guangdong, province prospère située aux portes de Hong Kong et considérée comme la vitrine de l’époustouflante réussite économique de la Chine. Le maire de la ville, Wu Zili, a déclaré hier que « le gouvernement est déterminé à réprimer ceux qui ont commis le crime d’inciter les villageois à fomenter des troubles, de détruire des biens et des équipements publics, et d’entraver l’administration », selon l’agence semi-officielle Nouvelles de Chine, poursuivant que « s’ils se rendent en toute honnêteté, le gouvernement envisagera de se montrer clément ».
Hier matin, des milliers de villageois, dont beaucoup pleuraient, se sont retrouvés sur la place principale de Wukan pour participer à une cérémonie à la mémoire de Xue Jinbo. Puis dans l’après-midi, ils se sont rendus pour une cérémonie dans une immense tente bleue, dressée devant la maison du défunt, où aurait dû être exposée sa dépouille. À la place, une grande photo avait été installée. Dans la tente, se trouvaient une soixantaine de proches de Xue, les femmes séparées des hommes et tous vêtus de blanc, couleur du deuil. Les villageois sont venus s’incliner par petits groupes successivement trois fois devant le portrait tandis qu’était jouée une musique funèbre. Les « funérailles » ont duré quatre heures, chaque villageois venant se recueillir devant la photo de Xue. Notons que les autorités ont affirmé que l’homme était mort d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 42 ans. Mais les habitants de Wukan accusent la police de l’avoir battu à mort, et sa fille a souhaité que son père ne soit pas mort pour rien. Elle a aussi mis en doute la version officielle du décès, en précisant que le corps de son père était couvert d’hématomes et qu’il n’avait pas d’antécédents cardiaques. « Tout ce que je souhaite, c’est récupérer son corps pour l’enterrer. Mais je sais que s’il était encore vivant, il ne souhaiterait qu’une chose : résoudre le problème des terres. » « Seulement cinq personnes ont pu voir son corps, a par ailleurs déclaré son fils Xue Jiandi, elles n’ont pas été autorisées à prendre des photos. » « Nous l’avons vu, il avait été battu, il avait des doigts cassés », a déclaré de son côté son neveu, Xue Jinxiong.
Les expropriations de terres sont devenues un problème de plus en plus épineux en Chine où des paysans accusent les cadres locaux corrompus de s’allier à des promoteurs véreux pour s’enrichir sur leur dos en permettant la construction de nombreux projets immobiliers.
Signalons par ailleurs que les autorités ont remis en prison pour trois ans l’avocat Gao Zhisheng, l’un de ses dissidents les plus connus, car il a « violé les règles de sa mise en liberté conditionnelle », a annoncé l’agence Chine nouvelle. Âgé de 47 ans, M. Gao, qui s’est fait connaître par son combat pour les droits civiques en Chine et n’a pas été vu en public depuis l’an dernier, avait déjà été condamné à trois ans de prison en 2006 pour « incitation à la subversion contre le pouvoir de l’État ».
              (Source : AFP)
Les autorités du sud de la Chine ont exigé la reddition des meneurs de la révolte contre les saisies de terres de tout un village côtier de la province du Guangdong. En dépit de la censure, le soulèvement de Wukan, devenu un symbole de la lutte contre la corruption du pouvoir local, était suivi de très près sur les sites de microblogs dans le pays. Notons que les forces de sécurité maintiennent depuis plus d’une semaine un blocus de ce village où la colère des 13 000 habitants, qui ont réussi à faire fuir les cadres communistes locaux, ne retombait pas. Des milliers de villageois se sont rassemblés tous les jours depuis le début de la semaine pour demander des réparations après des saisies de terres qu’ils jugent illégales, sujet majeur de troubles sociaux en Chine. Ils veulent aussi récupérer le corps d’un...
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