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Moyen Orient et Monde - Russie

Le président de la Douma, allié de Poutine, renonce à son poste

Face à la contestation, le régime veut contrôler l’Internet.

Ancien ministre de l’Intérieur, Boris Gryzlov était depuis 2003 à la tête de la Douma. Sergei Karpukhin/Reuters

Le président de la Chambre des députés russe, Boris Gryzlov, un exécutant fidèle de la ligne du Kremlin, a annoncé hier qu’il quittait son poste. « J’ai pris la décision de renoncer à mon mandat parlementaire (...), il ne serait pas correct d’être le président de la Douma pour plus de deux mandats consécutifs », a déclaré M. Gryzlov, dans un communiqué publié sur le site du parti Russie unie, le parti du Premier ministre Vladimir Poutine, dont il reste un des dirigeants.
Ancien ministre de l’Intérieur, M. Gryzlov était depuis 2003 à la tête d’une Douma au rôle de plus en plus réduit depuis l’arrivée au pouvoir en 2000 de M. Poutine. L’annonce de son départ de la présidence de la Chambre basse du Parlement intervient après une victoire en demi-teinte de Russie unie aux législatives du 4 décembre, à l’issue desquelles le parti a obtenu la majorité absolue avec 238 des 450 députés, mais beaucoup moins que les 315 sièges dont il disposait auparavant. Elle survient aussi à un moment où le pouvoir russe est confronté à un mouvement de contestation sans précédent de l’opposition libérale, écartée du Parlement depuis une décennie et qui réclame l’invalidation du scrutin faussé selon elle par des fraudes massives.
Le président Dmitri Medvedev a déclaré, en rencontrant mardi les dirigeants de Russie unie et ceux des trois autres partis représentés à la Douma, que le résultat des élections témoignait d’une « situation nouvelle » dont il convient de « tenir compte » dans la constitution des instances dirigeantes de la Chambre des députés. L’annonce par M. Gryzlov de son retrait pourrait entrer dans le cadre de ce rafraîchissement du Parlement russe annoncé par M. Medvedev. La presse libérale russe et des analystes ont prédit des changements au sein du parti au pouvoir et au Parlement en réponse à la nouvelle donne politique.
Par ailleurs, les autorités russes multiplient les initiatives pour contrôler l’Internet, principal espace de liberté d’expression et puissant instrument de mobilisation de l’opposition. Le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev, a estimé hier que la Russie devait « réglementer de manière raisonnable » l’Internet pour assurer sa sécurité. Il a cité à titre d’exemple les États-Unis où les services secrets peuvent avoir accès à des données personnelles à l’insu des utilisateurs pour éviter les attaques terroristes, mais aussi la Chine où les réseaux Facebook et Twitter sont censurés depuis des émeutes en 2009 dans la région à majorité musulmane du Xinjiang. Le général Alexeï Mochkov, du département K du ministère de l’Intérieur chargé de la surveillance des communications, a proposé la semaine dernière que les utilisateurs du web renoncent à l’anonymat, jugeant par ailleurs que les réseaux sociaux étaient « potentiellement dangereux pour la société ».
Ces initiatives inquiètent les défenseurs des droits de l’homme, blogueurs et professionnels du secteur qui y voient des tentatives de censurer l’Internet, dans un paysage politique verrouillé où les télévisions sont strictement contrôlées par l’État. « Le pouvoir porte atteinte à notre liberté individuelle. C’est un retour à l’URSS. Nos médias sont censurés. Qu’on ne touche pas à l’internet ! » a déclaré le célèbre blogueur Alexandre Pliouchtchev.

(Source : AFP)
Le président de la Chambre des députés russe, Boris Gryzlov, un exécutant fidèle de la ligne du Kremlin, a annoncé hier qu’il quittait son poste. « J’ai pris la décision de renoncer à mon mandat parlementaire (...), il ne serait pas correct d’être le président de la Douma pour plus de deux mandats consécutifs », a déclaré M. Gryzlov, dans un communiqué publié sur le site du parti Russie unie, le parti du Premier ministre Vladimir Poutine, dont il reste un des dirigeants.Ancien ministre de l’Intérieur, M. Gryzlov était depuis 2003 à la tête d’une Douma au rôle de plus en plus réduit depuis l’arrivée au pouvoir en 2000 de M. Poutine. L’annonce de son départ de la présidence de la Chambre basse du Parlement intervient après une victoire en demi-teinte de Russie unie aux législatives du 4...
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