Le président afghan, Hamid Karzaï, prononçant un discours à l’occasion de la Journée internationale contre la corruption, hier. Mohammad Ismail/Reuters
Ces attentats avaient été perpétrés lors de la commémoration de la Achoura, une des cérémonies les plus sacrées de l’islam chiite, qui rassemble environ 20 % de la population afghane. Hamid Karzaï avait accusé des extrémistes pakistanais d’avoir commandité les attentats. Auteurs revendiqués de la plupart des attentats-suicide en Afghanistan depuis 10 ans, les insurgés talibans, sunnites radicaux qui considèrent les chiites comme des hérétiques et les empêchaient de facto de célébrer leurs fêtes quand ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001, avaient immédiatement « condamné » les deux attaques, les qualifiant de « contraires à l’islam ». Hier, dans un nouveau communiqué publié à l’issue d’une « importante réunion » à ce sujet, les talibans ont réitéré leur condamnation, attribuant ces attaques « aux envahisseurs et aux ennemis », en référence aux forces internationales déployées en Afghanistan. Ils ont appelé les religieux et dirigeants chiites « à la vigilance », soulignant qu’un tel événement ne doit pas être un facteur d’inimitié entre chiites et sunnites.
Par ailleurs, mais toujours à l’occasion de la Journée internationale contre la corruption, M. Karzaï a accusé les « étrangers » d’alimenter cette tare en Afghanistan en accordant des contrats à des privilégiés et en étant parfois des obstacles à la lutte contre ce type de malversations. « Nous avons des problèmes à la fois avec des Afghans et des étrangers. Un des moyens de réduire la corruption est que les étrangers cessent d’accorder des contrats aux proches de hauts responsables gouvernementaux. Nous devons réformer le système des contrats » de sous-traitance, a-t-il affirmé. « Le népotisme prend de l’ampleur, en province et dans la capitale et l’autre problème, ce sont les structures parallèles au gouvernement », créées par la communauté internationale en Afghanistan, a-t-il souligné.
En ce qui concerne la lutte contre la corruption, « nos collègues étrangers, non seulement n’ont pas toujours été coopératifs, mais parfois ont créé des obstacles », a expliqué M. Karzaï, citant l’exemple de suspects afghans libérés grâce à leurs liens avec des Occidentaux. « Ceux qui ont des amis étrangers peuvent faire ce qu’ils veulent », a affirmé le chef de l’État. Afghans et étrangers « ont perdu leur confiance mutuelle », chacun estimant l’autre corrompu, a poursuivi le président afghan, moins d’une semaine après la Conférence internationale sur l’avenir de l’Afghanistan, le 5 décembre à Bonn. Réunie dans l’ex-capitale allemande, la communauté internationale y avait justement promis de renouveler son engagement en Afghanistan jusqu’en 2024. Enfin, notons que l’Allemagne a prévu de ramener au cours de l’an prochain le plafond de ses troupes engagées en Afghanistan à 4 900, contre 5 350 à l’heure actuelle, en prévision du retrait des troupes de l’OTAN fin 2014. Berlin est en train de concrétiser ses plans à ce sujet, rapporte le journal Bild am Sonntag sans préciser ses sources, et commencerait par retirer 200 soldats au 1er février.
(Source : AFP)


Kamel ,je rebondis sur ta réaction...j'ose espérer qu'au Liban,il ne serait pas arrivé la même chose...même sans armes.Mais bon,un tiens vaut mieux que deux tu l'auras...il est évident que les attaques anti-chiites à travers le monde "arabo-musulman" ne sont pas de nature à aider au règlement du problème des armes!Dont acte.
12 h 37, le 12 décembre 2011